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SuisseBerne se penche sur l'avenir des médias

La Commission fédérale des médias a esquissé trois scénarios possibles qui méritent une observation systématique. Elle s'oppose toutefois à des règles trop rigides.

La Confédération est invitée à soutenir l'infrastructure médiatique et à encourager l'autorégulation de la branche.

La Confédération est invitée à soutenir l'infrastructure médiatique et à encourager l'autorégulation de la branche.

Keystone

Face aux mutations en cours dans le paysage médiatique, la Commission fédérale des médias (COFEM) se dit convaincue du potentiel d'avenir des prestations journalistiques. Dans son nouveau rapport, elle émet des recommandations aux acteurs du marché et au monde politique, mais refuse des interventions trop strictes.

Le rapport présenté lundi conclut que les mutations ne comportent pas seulement des risques, mais aussi des opportunités pour le public et la démocratie. La commission demande aux acteurs du marché et au monde politique de s'attaquer suffisamment tôt aux transformations en cours.

Elle esquisse trois scénarios possibles pour l'avenir des médias: dans le premier, le journalisme conserve sa fonction et son importance («évolution»), dans le 2e, le journalisme est complété ou remplacé par d'autres offres («substitution») et dans le dernier, il perd de l'importance et se trouve marginalisé («appauvrissement»).

Quiconque croit savoir quel scénario s'imposera nie les chances et les risques des autres scénarios ou les considère comme supportables, écrit la COFEM. On adopte d'emblée une attitude de «laisser faire» ou postule un rôle plus actif des décideurs politiques, à travers la réglementation, une intervention ou des mesures de soutien.

La commission estime que les trois scénarios méritent une observation systématique. Des mesures sont proposées à la branche et à la politique, leur combinaison et leur forme approfondie étant susceptibles de fournir des réponses réalistes aux défis à venir.

Divulgation de données

Il est incontestable que les futures offres proposées sur le marché numérique seront non seulement adressées individuellement, mais qu'elles seront aussi utilisées de façon mobile et interactive, écrit la commission. Pour les fournisseurs, cette évolution rend la traçabilité nécessaire. Pour les utilisateurs, elle suppose la divulgation de leurs données à grande échelle.

De nouvelles questions se posent sur la validation et la conservation des contenus. Ceci d'autant plus que les formes journalistiques traditionnelles sont sous pression et que leur viabilité financière est toujours plus fragile.

Il faut s'attendre à un enchevêtrement croissant entre les contenus journalistiques et les contenus commerciaux, une intrication parfois opaque pour les profanes.

La COFEM suggère d'examiner la pertinence de mener avec l'ensemble des acteurs du marché un dialogue sur ce qui est considéré comme acceptable ou non - par tous les canaux - dans la communication individuelle et de masse.

Pas trop d'interventions

La commission recommande toutefois de renoncer à des règles trop rigides et détaillées, vu les changements très rapides dans la technique, le marché et le domaine de l'utilisation. Elle prône une approche pragmatique fondée sur la flexibilité, plutôt que sur des interdits et des contrôles.

L'instauration d'une autorité de régulation indépendante et proche de la branche s'avère indispensable. Vu le développement dynamique et incertain de l'offre de médias, la COFEM conseille une observation professionnelle de l'évolution par des experts et des représentants d'instituts de recherche et de formation. Cette observation pourrait revêtir la forme d'un «Conseil de la communication».

Soutien de la Confédération

Enfin, la commission rappelle une ancienne recommandation: elle invite la Confédération à soutenir l'infrastructure médiatique et à encourager l'autorégulation de la branche.

La COFEM continue à juger nécessaire l'aide directe aux offres de médias essentielles au débat démocratique. Elle recommande toutefois de concevoir ce soutien de manière neutre, tant au niveau de la technique que des canaux de diffusion, et de le rendre accessible à tous les fournisseurs.

(ats)

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