Publié

DiplomatieBerne soutient Beyrouth dans l'accueil des réfugiés syriens

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a achevé samedi une visite de deux jours au Liban. Durant ce séjour, il a affirmé que les crimes commis en Syrie ne devaient pas rester impunis.

Didier Burkhalter (à droite) et le président libanais Michel Suleiman.

Didier Burkhalter (à droite) et le président libanais Michel Suleiman.

Keystone

Le chef de la diplomatie helvétique a rencontré vendredi à Beyrouth son homologue Adnan Mansour, le président libanais Michel Sleiman, ainsi que le président du Parlement Nabih Berri. Il s'est également entretenu avec les responsables suisses de l'aide humanitaire aux réfugiés syriens au Liban.

«La Suisse désire témoigner sa solidarité envers les efforts fournis par les Libanais pour accueillir les réfugiés syriens», a déclaré le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Jean-Marc Crevoisier. A cet effet, Berne a récemment augmenté de deux millions de francs son budget humanitaire lié à l'ensemble de la crise syrienne, qui dépasse désormais les dix millions de francs.

«Cette aide passe notamment par le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Programme alimentaire mondial (PAM)», a précisé Jean-Marc Crevoisier.

Soutien aux familles d'accueil

Dans la région pour la première fois, Didier Burkhalter a pu s'enquérir samedi des programmes d'aide suisse en visitant le siège de la Direction du développement et de la coopération (DDC) dans la capitale libanaise. Le conseiller fédéral a constaté que l'aide de la Confédération, qui privilégie le soutien direct aux familles libanaises accueillant des réfugiés afin d'éviter la prolifération de camps, est très appréciée», selon son porte-parole.

La directrice du programme régional de l'UNHCR, Ninette Kelly, que Didier Burkhalter a rencontrée le même jour, lui a fait part des problèmes concrets rencontrés dans l'accueil des réfugiés. Selon les chiffres officiels, au moins 41'000 réfugiés syriens se trouvent actuellement au Liban et le pays s'attend à un afflux massif dans les prochains jours.

Punir l'ensemble des crimes

La veille, auprès des autorités libanaises, Didier Burkhalter a plaidé pour que la situation en Syrie soit réglée par des solutions politiques. Il s'est dit favorable à une solution qui inclut toutes les parties, a rapporté son porte-parole.

La Suisse est «réputée pour ses bons offices. Nous souhaitions rappeler par notre présence que nous sommes prêts à jouer un rôle» dans la résolution des conflits qui agitent la région, a en outre indiqué le conseiller fédéral sur les ondes de la Radio Télévision Suisse (RTS).

Par ailleurs, la Suisse tient à ce que les exactions commises en Syrie ne soient pas impunies. Se disant peu optimiste sur l'avenir de la Syrie, le chef de la diplomatie a affirmé que le seul moyen de freiner les exactions est de «montrer que les actes criminels, d'où qu'ils viennent et quels qu'ils soient, sont punis».

Dans cette optique, la Confédération va oeuvrer pour que la Cour pénale internationale ouvre des enquêtes sur les crimes contre l'humanité. «L'idée de la lutte contre l'impunité a été comprise par nos interlocuteurs, pour autant qu'elle inclue l'ensemble des crimes», a estimé Jean-Marc Crevoisier.

Lundi à Chypre

«Les discussions entreprises à Beyrouth ont permis de mieux comprendre la position du Liban». Ce pays se doit de garder une certaine neutralité pour préserver son unité, a-t-il ajouté.

Lundi, Didier Burkhalter sera à Chypre pour s'entretenir avec la cheffe de la diplomatie Erato Kozakou-Marcoullis. Il se rendra par la suite en Grande-Bretagne.

(ats)

Votre opinion