Suisse: Berne veut des zones de culture «avec OGM»
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SuisseBerne veut des zones de culture «avec OGM»

Malgré le moratoire qui court jusqu'en 2021, le Conseil fédéral est prêt à ouvrir une brèche aux organismes génétiquement modifiés.

Une manifestation contre les OGM, à Lausanne, en 2009.(Photo d'illustration)

Une manifestation contre les OGM, à Lausanne, en 2009.(Photo d'illustration)

Keystone

Des «zones avec OGM» devraient être créées en Suisse pour permettre aux agriculteurs qui le souhaitent de cultiver des plantes génétiquement modifiées. Le Conseil fédéral a transmis mercredi au Parlement une révision de la loi sur le génie génétique.

Le moratoire actuel interdit de cultiver des OGM, sauf à des fins de recherche. En vigueur depuis 2005, il devrait être reprolongé jusqu'en 2021. Le temps de mener un débat approfondi sur l'utilisation future des OGM dans l'agriculture suisse, juge le Conseil fédéral.

Car il juge que les mentalités des consommateurs et des producteurs pourraient évoluer si des variétés génétiquement modifiées pouvaient permettre de ménager l'environnement et de garantir un revenu durable aux paysans. En 2013, le gouvernement avait mis en consultation un projet destiné à régler la coexistence entre cultures conventionnelles et cultures d'OGM.

Levée de boucliers

Ce projet a provoqué une large levée de boucliers et des menaces de référendum ont été brandies. Les plus fortes oppositions viennent des paysans et du camp rose-vert. L'idée de créer des régions «sans OGM» a été critiquée de toutes parts.

Le Conseil fédéral a donc dû revoir sa copie. Le concept de régions «sans OGM» est ainsi remplacé par celui de parcelles clairement définies où des OGM pourraient être cultivés. Les agriculteurs intéressés devraient regrouper leur production dans des zones soumises à un contrôle accru.

Les plantes conventionnelles et celles génétiquement modifiées devraient être strictement séparées, depuis la culture jusqu'à la vente en passant par la chaîne de production. Ces filières étanches permettraient également au consommateur de choisir des produits avec ou sans OGM.

Les détails devraient être réglés plus tard à travers une ordonnance correspondante, précise le Conseil fédéral.

(ats)

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