23.06.2016 à 11:33

Libre-échangeBerne veut garder l'huile de palme dans la discussion

Plusieurs milieux font campagne pour l'exclusion de l'huile de palme des négociations entre l'AELE et la Malaisie.

La Malaisie figure parmi les principaux producteurs d'huile de palme au monde, au prix d'une déforestation massive.

La Malaisie figure parmi les principaux producteurs d'huile de palme au monde, au prix d'une déforestation massive.

Keystone

Pas question d'exclure l'huile de palme des négociations de libre-échange avec la Malaisie. Selon le Conseil fédéral, cela empêcherait la conclusion d'un accord et l'économie suisse pâtirait d'un moins bon accès au marché malaisien que ses concurrents.

Plusieurs milieux font campagne pour l'exclusion de l'huile de palme des négociations. Parmi eux figurent l'Union suisse des paysans, la Déclaration de Berne, la Fédération romande des consommateurs, la Fédération suisse des producteurs de céréales, Uniterre et le Fonds Bruno Manser. Ils dénoncent la destruction de la forêt tropicale et les violations des droits humains qui sont liées à cette culture.

Le conseiller national Jean-Pierre Grin (UDC/VD) s'est fait l'écho de cette revendication dans une motion soutenue par des députés UDC, verts, socialistes et PDC. Dans sa réponse publiée jeudi, le gouvernement refuse d'exclure l'huile de palme des négociations.

Risque d'exclusion

Un accord de libre-échange entre l'AELE et la Malaisie ne peut être conclu que s'il couvre les principaux produits d'intérêt à l'exportation des parties, souligne-t-il. Et, à défaut d'accord, les exportateurs suisses se retrouveront discriminés par rapport à leurs concurrents étrangers.

Le Conseil fédéral rappelle que les droits de douane malaisiens sur les machines, les produits en papier, les matières colorantes, les outils et divers produits agricoles transformés sont importants. L'économie helvétique serait aussi désavantagée sur le marché des services, des investissements et des achats publics.

Le gouvernement ne s'en dit pas moins conscient des problèmes écologiques et sociaux posés par la production d'huile de palme. Des efforts sont faits aussi bien en Suisse qu'au sein de l'AELE pour garantir une gestion durable de la forêt et le respect des droits fondamentaux des travailleurs.

Le thème reste au demeurant complexe car la culture de l'huile de palme joue un rôle important en matière d'emploi et de lutte contre la pauvreté. Le Conseil fédéral repousse en revanche les affirmations selon lesquelles ce produit serait particulièrement mauvais pour la santé et l'accord mettrait en péril la production suisse d'oléagineux.

(ats)

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