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Politique extérieureBerne veut une Suisse souveraine mais pas isolée

Le Nouveau mouvement européen suisse (NOMES) demande au Conseil fédéral de reconsidérer l'activation de la clause de sauvegarde. Réuni en assemblée générale samedi à Berne, il a accueilli le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter tente de concilier son discours devant les anti et les pro-Européens.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter tente de concilier son discours devant les anti et les pro-Européens.

Keystone

La clause de sauvegarde que le gouvernement a activée le 18 avril discrimine les ressortissants de huit pays d'Europe de l'Est, estiment les membres du Nomes. Elle n'aide pas à lutter contre les abus ou les effets négatifs de l'immigration, mais créé un conflit avec l'Union européenne.

Cette décision n'est pas clairvoyante et ne fera que renforcer le blocage qui règne depuis longtemps dans les relations bilatérales avec l'UE, a critiqué la conseillère nationale Christa Markwalder (PLR/BE), réélue samedi à la présidence du mouvement.

Si la Suisse veut activement participer à l'élaboration de son futur et co-décider là où des décisions sont prises quant à son avenir, «notre seule possibilité crédible est d'adhérer à l'UE», a répété le NOMES dans un communiqué.

Après l'ASIN

Il y a une semaine, Didier Burkhalter tenait un discours sur la politique étrangère de la Suisse devant l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN). Samedi, il a répété l'exercice devant le NOMES.

Les deux organisations antagonistes ont au moins une chose en commun: le «S» dans leur abréviation, a observé le conseiller fédéral. Le ministre des affaires étrangères a souligné que le gouvernement cherche le dialogue avec tous les Suisses. C'est l'essence de la démocratie.

Au vu de la diversité des opinions sur l'UE en Suisse, celle-ci est un véritable test pour la solidité de la cohésion en Suisse. Le Conseil fédéral soutient cette cohésion et s'active à rechercher des solutions pour toute la Suisse.

A armes égales

La question n'est pas de savoir si la Suisse doit maintenir des relations bilatérales avec l'UE, mais comment elle veut définir ces relations. La Suisse est certes plus petite que l'Union, «mais nous sommes un Etat souverain qui entend négocier à armes égales avec l'UE, comme d'ailleurs avec tous nos partenaires».

Il est essentiel pour le Conseil fédéral que la voie bilatérale ait toujours obtenu le soutien du peuple, a poursuivi M. Burkhalter. Le maintien de la souveraineté du pays ne signifie pas l'isolement, a-t-il assuré. Il s'agit bien plus de sauvegarder la liberté d'agir ainsi que garantir la sécurité et la prospérité.

Un ambassadeur pour l'Europe voisine

Didier Burkhalter resserre les liens avec l'Europe voisine. Il a créé un nouveau poste d'ambassadeur qui sera chargé des relations avec les trois plus grands voisins de la Suisse que sont l'Allemagne, la France et l'Italie.

Hans Jakob Roth, le nouvel ambassadeur nommé, aura pour tâche de coordonner les différents dossiers en cours avec ces trois pays. Il entrera en fonction prochainement, a indiqué Jean-Marc Crevoisier, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), confirmant une information de l'hebdomadaire «Der Sonntag».

(ats)

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