03.09.2020 à 23:57

WisconsinBiden rencontre la famille de Jacob Blake

Le candidat démocrate s’est rendu jeudi sur les lieux des émeutes consécutives aux tirs policiers sur l’Afro-Américain Jacob Blake, dont il a rencontré la famille.

Selon son équipe, l’ancien vice-président de Barack Obama s’entretient en personne avec le père, deux sœurs et un frère de Jacob Blake, tandis que sa mère assiste à la rencontre par téléphone (archives).

Selon son équipe, l’ancien vice-président de Barack Obama s’entretient en personne avec le père, deux sœurs et un frère de Jacob Blake, tandis que sa mère assiste à la rencontre par téléphone (archives).

KEYSTONE/AP/Carolyn Kaster

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a dénoncé jeudi le «racisme sous-jacent» qui ronge les États-Unis, tout en martelant son «optimisme» pour l’avenir après s’être entretenu avec Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par la police.

Prenant le contre-pied du message sécuritaire et sombre de son rival Donald Trump, l’ancien vice-président de Barack Obama a affirmé que le pays pouvait transformer ce «point d’inflexion» en «opportunité» pour plus d’«égalité».

Lors d’une rencontre dans une église avec des habitants de Kenosha, ville de l’État-clé du Wisconsin récemment secouée par des émeutes, son ton sobre, lent, derrière son masque, a aussi tranché avec les envolées souvent ardentes du président républicain.

Nouvelle phase

À deux mois de l’élection présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, 77 ans ouvre avec ce voyage une nouvelle phase, plus active, de sa campagne. Alors que le candidat démocrate était resté pendant des semaines confiné chez lui à Wilmington, dans le Delaware, puis avait limité ses déplacements de campagne à la région, pour, disait-il, limiter les risques de propagation du Covid-19, son rival Donald Trump, 74 ans, sillonnait les États-Unis.

Le président républicain n’était d’ailleurs pas en reste jeudi soir, avec un discours à Latrobe en Pennsylvanie, un autre de ces États pivots qui basculent d’un parti à l’autre. «Pas de foule, pas d’enthousiasme pour Joe aujourd’hui. Loi et Ordre!» a tweeté Donald Trump en surnommant son rival «Joe Hiden («Joe le planqué»), ironisant sur son confinement.

Le président américain avait visité Kenosha dès mardi, mais n’avait pas rencontré la famille, ni cité le nom de Jacob Blake, faisant du rétablissement de l’ordre le cœur de son message. Dès leur arrivée dans le Wisconsin, à l’aéroport de Milwaukee, l’ancien vice-président et son épouse Jill Biden ont eux rencontré la famille de Jacob Blake, 29 ans, touché par sept balles tirées à bout portant, devant ses enfants, le 23 août.

Compassion

Une interpellation filmée qui a ravivé le mouvement historique de protestation contre le racisme et les violences policières aux États-Unis, et provoqué trois nuits d’émeutes à Kenosha. Toujours hospitalisé, Jacob Blake est paralysé des pieds à la taille.

«J’ai eu l’occasion de passer du temps avec Jacob au téléphone», a confié Joe Biden. «Il a dit que rien ne pouvait avoir raison de lui. Qu’il puisse remarcher ou non, il ne lâchera pas». Les journalistes n’ont pas pu assister à l’appel et Joe Biden n’a pas répondu aux questions qu’ils lui ont lancé sur le tarmac. Pendant son entretien, «Jacob a parlé de ses souffrances et le vice-président a exprimé sa compassion», a rapporté Ben Crump, l’avocat de la famille Blake.

La tension à Kenosha a culminé le 25 août, quand un jeune de 17 ans, soutien du président selon les médias, a tiré au fusil semi-automatique sur trois manifestants, faisant deux morts. Donald Trump a refusé de condamner les actes de Kyle Rittenhouse, inculpé de meurtre avec préméditation.

Le discours du milliardaire républicain ne porte pas «toute la culpabilité» des tensions aux États-Unis, a souligné Joe Biden à Kenosha, mais il a, selon lui, «légitimé le côté obscur de la nature humaine». Et sa présidence a «mis en lumière (…) le racisme sous-jacent qui est institutionnalisé aux États-Unis».

Mais là encore, le septuagénaire démocrate a tenu à se dire «optimiste». «Je crois vraiment que nous avons l’immense opportunité maintenant (…) d’accomplir beaucoup de choses vraiment positives».

Cap sur le Michigan

Avant de reprendre l’avion, Joe et Jill Biden ont fait un autre arrêt dans la petite ville de Wauwatosa. «Vas-y Joe», lui ont crié certains des quelque 200 «Wisconsinites» rassemblés dans la rue. «N’oubliez pas de voter!» leur a lancé le candidat démocrate, en les saluant chaleureusement.

Marquée par la pandémie, qui a fait plus de 185’000 morts aux États-Unis, une profonde crise économique et cette vague historique de colère contre le racisme, la campagne électorale cumule les facteurs inédits.

Si Joe Biden devance le milliardaire républicain dans les sondages, le suspense reste entier à la faveur de scores plus serrés dans les États-clés. Et la mobilisation dans les urnes pourra faire basculer l’élection. Son équipe a annoncé jeudi qu’il se rendrait le 9 septembre dans le Michigan, un autre État que Donald Trump avait remporté de peu en 2016.

Washington suspecte Moscou de chercher à décrédibiliser la présidentielle américaine

La Russie cherche à décrédibiliser l’élection présidentielle du 3 novembre aux Etats-Unis, et notamment le vote par correspondance, suspecte le département de la Sécurité intérieure dans une note interne dévoilée jeudi par plusieurs médias américains.

«La Russie est susceptible de continuer à accentuer les critiques contre le vote par correspondance (...) afin que la population perde confiance dans le processus électoral», écrivent dans la note les spécialistes en renseignement du département de la Sécurité intérieure (DHS).

Ils estiment que les efforts russes en ce sens ont commencé au moins en mars 2020, via les médias d’État et les réseaux sociaux, et se sont accélérés avec la propagation aux États-Unis de la pandémie de Covid-19, qui devrait pousser de nombreux Américains à privilégier cette année le vote par correspondance pour la présidentielle. Le président américain Donald Trump alerte lui-même depuis des semaines, sans preuve tangible, d’un risque de fraude en cas de recours massif au vote par correspondance.

(ATS/NXP)

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