Gaza - Biden veut une désescalade, Israël attend «le moment opportun»
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GazaBiden veut une désescalade, Israël attend «le moment opportun»

Les hostilités se poursuivent au Proche-Orient, alors que les appels à la trêve se font de plus en plus pressants.

Israël bombarde Gaza depuis la frontière avec l’enclave, le 19 mai 2021.

Israël bombarde Gaza depuis la frontière avec l’enclave, le 19 mai 2021.

AFP

Le président américain Joe Biden a appelé à une «désescalade» dans le conflit israélo-palestinien, en pleine offensive diplomatique pour un cessez-le-feu et alors que les affrontements se poursuivent sur le terrain.

Des avions de chasse israéliens ont frappé les résidences d’au moins six dirigeants du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne de Gaza, selon un communiqué de l’armée affirmant que chacun de ces sites abritait des «infrastructures militaires».

Tandis que les sirènes avertissant de raids aériens hurlaient dans le sud d’Israël aux premières heures de jeudi, le deuxième groupe armé à Gaza, le Jihad islamique, revendiquait une nouvelle salve de roquettes. Les tirs de roquettes sur Israël par les groupes armés dont le Hamas, et les frappes aériennes israéliennes s’étaient poursuivis en soirée.

Déclenchée le 10 mai, la flambée de violences, la plus meurtrière depuis 2014 entre Israël et le Hamas, a coûté la vie à au moins 227 Palestiniens, dont 64 enfants, selon le ministère de la Santé à Gaza. En Israël, les tirs de roquettes ont fait 12 morts selon la police.

«Le président (américain) a indiqué au Premier ministre (israélien) qu’il s’attendait à une désescalade significative aujourd’hui vers un cessez-le-feu», a indiqué la Maison-Blanche dans un bref compte-rendu d’un échange téléphonique entre Joe Biden et Benjamin Netanyahu.

Les États-Unis, qui revendiquent une approche diplomatique «discrète», ont refusé de soutenir un projet français d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une cessation des hostilités. L’Assemblée générale de l’ONU doit se réunir jeudi à 14 h 00 GMT (16 h 00 suisses), au niveau ministériel, au sujet du conflit israélo-palestinien.

Dans la journée, sept Palestiniens dont un homme handicapé, sa femme enceinte et leur fille de 3 ans, ont péri à Gaza dans les frappes et un huitième a succombé à ses blessures, d’après le ministère de la Santé. Un journaliste d’une radio affiliée au Hamas, Youssef Abou Hussein, a été tué par un raid sur son domicile, selon la Fédération internationale des journalistes, le premier journaliste mort depuis le début des violences.

«Risque de contagion»

Sur un autre front, de nouvelles roquettes tirées du Liban ont pour la première fois atterri en Israël, mais sans faire de victimes selon l’armée. Celle-ci a répliqué par des tirs d’artillerie sur des «cibles» au Liban-Sud.

Après neuf jours de violences sanglantes, un responsable militaire israélien a affirmé que son pays étudiait le «moment opportun pour un cessez-le-feu», précisant que l’armée était prête à encore «plusieurs jours» de conflit. L’armée, a-t-il ajouté à des journalistes, veut «réduire les capacités» militaires du Hamas considéré comme une organisation «terroriste» par Israël et des pays occidentaux.

«Ce que nous essayons de faire est précisément ceci: diminuer leurs capacités, leurs moyens terroristes et diminuer leur détermination», a renchéri Benjamin Netanyahu lors d’une rencontre avec des ambassadeurs. Plus tard il a ajouté: «Je suis déterminé à continuer cette opération jusqu’à son objectif: rétablir le calme et la paix».

Le dirigeant du Hamas Ismail Haniyeh a lui affirmé que son organisation, qui a pris le contrôle de Gaza en 2007, pouvait «résister plus longtemps que l’occupant ne l’imagine». Depuis le 10 mai, 4000 roquettes ont été tirées de Gaza dont environ 90% ont été interceptées par le système de défense antiaérien israélien, selon l’armée.

En coulisses, une médiation menée en partie par l’Égypte, interlocuteur à la fois d’Israël et du Hamas, n’a toujours pas abouti, selon des sources diplomatiques égyptiennes. «Nous n’en sommes pas encore à un cessez-le-feu», ont résumé à Jérusalem deux sources diplomatiques étrangères à l’AFP, alors qu’une troisième a fait état d’un «risque de contagion» à la région qui rend encore plus «urgent» un cessez-le-feu.

Dans ce sprint diplomatique, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas est attendu jeudi à Jérusalem et en Cisjordanie, territoire palestinien séparé géographiquement de Gaza et occupé par Israël.

«Besoin urgent de répit»

À Gaza, micro-territoire de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis près de 15 ans, quelque 72’000 personnes ont été déplacées et 2500 ont perdu leur maison dans les bombardements israéliens, selon l’ONU. Des livraisons d’aides internationales ont été annulées par Israël, après des tirs palestiniens sur des points de passage vers Gaza, selon l’armée israélienne.

Le Comité international de la Croix-Rouge a estimé que «les populations à Gaza et en Israël ont un besoin urgent de répit», ajoutant dans un communiqué avoir informé Israël et le Hamas qu’à partir de jeudi son personnel se «déplacera pour apporter une réponse aux besoins urgents. Les deux parties ont une responsabilité claire de nous faciliter de tels mouvements».

Le nouveau cycle de violences a éclaté après un barrage de roquettes du Hamas sur Israël tiré selon le mouvement palestinien en «solidarité» avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.

À l’origine des heurts, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans un quartier de Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans. Le conflit a touché la Cisjordanie, où les affrontements se sont multipliés entre jeunes palestiniens et forces israéliennes, faisant 25 morts palestiniens depuis le 10 mai. Et les tensions restent aussi vives dans les villes mixtes d’Israël entre Juifs et Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948, qui se disent victimes de «discrimination».

(AFP)

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