03.10.2020 à 10:00

FootballBielsa: «Guardiola a une vision libertaire du football»

Marcelo Bielsa (Leeds) accueille Pep Guardiola (City) ce samedi soir, huit ans après leur dernier duel. Ils ont déjà échangé des amabilités et surtout des idées.

par
Mathieu Aeschmann
Marcelo Bielsa, dans son match, lors de la victoire de Leeds contre Fulham, samedi 19 septembre.

Marcelo Bielsa, dans son match, lors de la victoire de Leeds contre Fulham, samedi 19 septembre.

AFP

Leeds United accueille Manchester City, ce samedi à 18h30, et il n’y en a forcément que pour Marcelo Bielsa et Pep Guardiola. L’ordre n’a que peu d’importance, il est ici question de lien et de transferts culturels. Jamais une relation entre deux entraîneurs de football n’aura été autant documentée, romancée, fantasmée. Depuis une décennie et le récit du mythique asado de Maximo Paz, elle aura servi de catalyseur à la démocratisation d’une réflexion autour du jeu; presque son intellectualisation. L’exigence a d’abord intrigué puis, au fil des saisons, elle a façonné deux camps. Les adeptes et ses détracteurs, garants d’une certaine orthodoxie de l’effort: ordre et sueur.

Or Marcelo Bielsa et Pep Guardiola ont beau partager une historiographie, ils n’ont pas énormément de vécu commun. Ils se sont affrontés trois fois lors de la saison 2011-2012 (un nul et deux victoires du Barça face à l’Athletic, dont l’une en finale de la Copa Del Rey), ont digressé douze heures lors du fameux barbecue de 2006 et guère plus.

À l’échelle d’une relation qui fascine le monde du ballon, c’est peu; ce que les principaux intéressés reconnaissent volontiers. «Je n’ai jamais été son joueur, c’est donc difficile pour moi de parler de lui», déclarait Guardiola en juillet, au moment de féliciter Leeds pour sa promotion. «Je ne me sens pas du tout comme le mentor de Guardiola, insistait pour sa part «El Loco» jeudi. Et non seulement je n’ai pas cette impression, mais les faits parlent d’eux-mêmes. S’il y a bien un coach qui est totalement indépendant dans ses idées, c’est bien Guardiola.»

Pas de compliments sans argument

Ces réserves sont nécessaires. Car elles signalent d’emblée que l’Argentin et le Catalan partagent avant tout une posture: celle du coach interventionniste. Et dans les quelques phrases que leurs retrouvailles imposent, on peut trouver ce qui se rapproche d’une définition.

«Lorsque l’on complimente quelqu’un, il faut amener des arguments; sans quoi on pourrait croire qu’ils sont le fruit d’une sympathie et non d’une évaluation, a d’abord prévenu Bielsa dans une forme de mise en garde. Je dirais que Guardiola est créatif; il invente des solutions à tous les problèmes qu’il identifie, a détaillé Bielsa lors de sa conférence de presse d’avant-match. Puis, il implémente rapidement ses idées, ce qui est la marque des grands entraîneurs.» Et l’Argentin de conclure sur le compliment ultime. «Nous, les entraîneurs, cherchons généralement à créer des automatismes, parce que nous pensons le football comme une quête d’obéissance. Alors que Guardiola imagine le football comme une recherche de liberté.»

Faut-il en déduire qu’«El Loco» considère son football comme beaucoup plus «systématique» que celui de Guardiola? Et si tel est le cas, le juge-t-il moins libre, moins imaginatif? Sans rebondir sur cette perche, Pep Guardiola a répondu, vendredi, à celui qui ne veut pas se permettre d’être son mentor. «Un entraîneur ne se définit pas par ses titres mais par ses connaissances. J’ai ainsi gagné plus de titres que Marcelo mais, en termes de savoir sur le football, je me situe très loin de lui.»

Et le Catalan de dresser son panthéon du tableau noir: «Cruyff est le technicien qui m’a le plus influencé, parce que j’ai joué quatre ans sous ses ordres et qu’il m’a beaucoup soutenu au début de ma carrière, a poursuivi le boss des Citizens. Mais Marcelo est la personne que j’admire le plus dans le football, comme homme et comme technicien. Il est l’entraîneur le plus authentique de l’histoire du jeu, la façon dont il dirige son équipe est unique.»

Le dimanche 6 novembre 2011, la première opposition entre Marcelo Bielsa et Pep Guardiola avait débouché sur un match nul flamboyant (2-2). Neuf ans et des kilomètres de louanges plus tard, le quatrième épisode s’est déplacé vers le nord en égarant son public. Mais il n’a rien perdu de sa promesse originelle: toute entière tournée vers le jeu.

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3 commentaires
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Mustapha Ghazzal

03.10.2020 à 10:41

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Mal luné

03.10.2020 à 10:24

Euh... J'ai rien compris. Jeune homme, vous avez beaucoup brodé dans votre article, mais malheureusement c'est juste ennuyeux...