Suisse: Bientôt un système national pour détecter la sécheresse

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SuisseBientôt un système national pour détecter la sécheresse

Pour faire face aux périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes, Berne veut mettre en place un système pour anticiper les situations critiques plusieurs semaines à l’avance.

Les épisodes de sécheresse se multiplient et les rivières s’assèchent.

Les épisodes de sécheresse se multiplient et les rivières s’assèchent.

BOM

Tout le monde le constate en Suisse: il a très peu plu depuis le début de cette année et la sécheresse s’installe déjà au grand dam des agriculteurs notamment. Devant ces périodes sans pluie toujours plus fréquentes, le Conseil fédéral veut introduire un système national de détection et d’alerte précoces à la sécheresse.

Comme c’est déjà le cas pour d’autres dangers naturels, comme les orages, les avalanches, les incendies, le vent ou les crues, Berne entend pouvoir prévenir la population via des alertes lorsque des épisodes de sécheresse se produisent. Objectif: anticiper les situations critiques plusieurs semaines à l’avance, fait-il savoir mercredi dans un communiqué.

Identifier les risques plusieurs semaines à l’avance

Jusqu’ici la Suisse ne dispose d’aucun système national de détection et d’alerte précoces lui permettant d’identifier, plusieurs semaines à l’avance, les signes précurseurs d’une situation critique, explique le Conseil fédéral. Du coup, il est souvent trop tard pour que les autorités cantonales et locales ainsi que les secteurs concernés tels que l’agriculture, l’exploitation de la force hydraulique, l’approvisionnement en eau potable, la navigation et la protection de la nature puissent prendre des mesures appropriées. Conséquence: de gros dégâts ou pertes en vue.

Le Conseil fédéral a donc chargé l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), l’Office fédéral de météorologie et de climatologie (MétéoSuisse) et l’Office fédéral de topographie (swisstopo), de mettre sur pied un système de détection et d’alerte d’ici à 2025. Le système devra fournir pour l’ensemble du pays des informations actuelles et des prévisions en matière de sécheresse. Coût prévu: quelque 4,75 millions de francs, estime-t-il.

Mesures préventives

Les trois offices fédéraux compétents devront mettre en commun leurs compétences pour mettre sur pied le système d’alerte. Celui-ci intégrera en outre la plate-forme «drought.ch», de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, ainsi que des données obtenues par satellites météorologiques et par satellites d’observation de la Terre. MétéoSuisse développera par ailleurs un nouveau réseau pour relever l’humidité du sol.

Les renseignements devront répondre aux besoins des divers secteurs et leur permettre d’engager des mesures préventives, comme planifier l’irrigation des cultures agricoles, rechercher de solutions pour assurer la navigation sur le Rhin ou encore gérer les poissons pour les acheminer vers des cours d’eau plus abondants.

Berne veut garantir l’approvisionnement en eau

Mercredi, le Conseil fédéral a également adopté un rapport de l’Office fédéral de l’environnement qui montre l’évolution de la consommation d’eau et des ressources hydriques d’ici à 2050. Car si la Suisse possède d’abondantes ressources en eau, qui perdureront malgré les changements climatiques, elle devra quand même faire face à des débits des rivières et ruisseaux plus faibles, rappelle-t-il. Sans parler de la sécheresse.

Du coup le Conseil fédéral propose différentes mesures pour assurer l’approvisionnement en eau. Il recommande notamment aux cantons de gérer l’eau à l’échelon régional. À eux d’établir les quantités d’eau disponibles dans les rivières, lacs et eaux souterraines d’une région, de même que les besoins de la population, de l’industrie ou de l’agriculture. S’il s’avère que l’eau pourrait se faire rare, une planification soigneuse doit aider à réduire la consommation ou à améliorer le stockage et la répartition des ressources hydriques, précise-t-il.

La Confédération entend aussi obliger les cantons à fournir des rapports sur les épisodes de sécheresse. Ils devront aussi rendre compte du nombre de dérogations qu’ils accordent à l’agriculture en cas de nécessité afin d’autoriser des débits inférieurs aux débits résiduels minimaux.

(cht)

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