Basketball: Bienvenue chez les mormons
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BasketballBienvenue chez les mormons

Dans cette chronique, j'aimerais vous immerger dans la culture de ma nouvelle région, Salt Lake City.

par
Thabo Sefolosha
Jean-Guy Python

En préambule, j’aimerais rapidement revenir sur la suspension de cinq matches qui m’a été infligée par la ligue. Comme vous l’avez sans doute déjà lu ces deniers jours, j’ai été sanctionné pour un écart de conduite. J’ai commis une erreur de jugement et en assume pleinement les conséquences.

Pour parler d’autre chose, si vous le voulez bien, j’ai décidé de vous immerger dans la culture mormone que je côtoie depuis mon arrivée à Salt Lake City. La principale chose que les gens croient savoir sur cette religion est que les hommes ont le droit d’avoir plusieurs femmes.

Première petite surprise: la polygamie n’est plus dans leurs mœurs car elle est devenue illégale aux États-Unis. Mais pour moi, la plus grande découverte en arrivant dans cette ville de l’Utah a été le clivage entre progressisme et conservatisme.

Un exemple? La mairesse, Jackie Biskupski, est la première homosexuelle à être élue à ce poste. Dans le même temps, il est interdit de jouer un match le dimanche pour des raisons religieuses. Si vous vous baladez à Salt Lake City en cette journée dominicale, c’est le calme plat. Cela ferait presque passer un dimanche en Suisse pour une journée exaltante. Presque.

J’ai apprécié découvrir cette vision différente du culte qu’ont les mormons. Dans le staff de mon équipe, ils sont très nombreux. Cela offre très rapidement et naturellement un sujet de discussion sur leur façon de pratiquer. L’histoire de cette ville est liée au mormonisme puisque ce sont 150 mormons qui ont été persécutés et ont fui l’est du pays pour s’installer ici, en plein désert. Depuis, la population a passé le million d’habitants, mais les croyances des débuts sont encore omniprésentes.

Je vais vous raconter une anecdote qui m’a fait le plus remarquer à quel point ils étaient stricts. Lors d’un repas, je voulais commander un verre de vin. Le serveur m’a demandé ma carte d’identité. Mon permis de conduire était échu depuis la veille. Je lui ai sorti ma carte d’identité suisse. Même photo, même date de naissance (2 mai 1984).

Impossible, car pas officiel à ses yeux. «Je n’ai pas le droit», a-t-il regretté. Cela va sans dire que je comprends et respecte évidemment les croyances et leur application au quotidien. Mais c’est peut-être à ce moment que je me suis bien rendu compte dans quel contexte j’étais arrivé.

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