Suisse: Biodiversité: Berne lance un plan d'action
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SuisseBiodiversité: Berne lance un plan d'action

Pour enrayer la menace face à la disparition des espèces et des milieux naturels, le Conseil fédéral a présenté son plan d'action pour la biodiversité.

Le plan d'action mise aussi sur un développement indirect de la biodiversité.

Le plan d'action mise aussi sur un développement indirect de la biodiversité.

Keystone

En Suisse, presque la moitié des milieux naturels et plus du tiers des espèces animales et végétales sont menacés. Pour enrayer cette évolution, le Conseil fédéral a présenté jeudi son plan d'action pour la biodiversité.

Son adoption a mis plus de temps que prévu. Impatientes, des associations environnementales ont même dévoilé leur propre plan il y a quelques jours. La ministre de l'environnement Doris Leuthard s'est excusée du délai devant la presse, invoquant la nécessaire concertation avec les cantons et la négociation du budget.

Le plan coûtera à la Confédération jusqu'à 80 millions de francs par an durant la première période de 2017 à 2023. «Ce n'est pas peu et c'est beaucoup moins cher que de ne rien faire et de devoir assumer les coûts de la perte de biodiversité», a relevé la conseillère fédérale. Les cantons débloqueront des moyens additionnels via des conventions-programmes concernant l'environnement.

Responsabilité spéciale

La Suisse a une responsabilité particulière pour protéger certains amphibiens ou reptiles qui n'existent presque plus ailleurs, a noté Mme Leuthard. La biodiversité ne semble peut-être pas importante à première vue, mais c'est un facteur clé pour le bien-être de la population, sa santé, la sécurité alimentaire et le développement économique.

La situation est plus grave que dans la moyenne des pays européens. Près de 90% des marais ont été détruits, il ne reste que 5% des prairies et des pâturages secs et un tiers des espèces animales sont menacées. Les pertes sont dues principalement au mitage du territoire, au morcellement des milieux naturels par les infrastructures ou à l'agriculture intensive. «Le Conseil fédéral est inquiet.»

Trentaine de mesures

Au menu du plan d'action, 26 mesures qui couvriront trois domaines. Une partie vise le développement direct de la biodiversité. Marais ou prairies sèches devront ainsi être préservés et revalorisés de même que leur mise en réseau améliorée.

Des mesures de conservation ciblées sont prévues pour les amphibiens et les reptiles menacés. L'assainissement particulièrement urgent des biotopes d'importance nationale et le développement de la biodiversité en forêt seront poursuivis.

Le plan d'action mise aussi sur un développement indirect de la biodiversité. Certaines mesures font le lien avec d?autres domaines politiques de la Confédération comme l'urbanisation ou l'agriculture. Il s'agit par exemple de mettre à disposition des exemples de bonnes pratiques via des règlements types sur les constructions. La biodiversité doit devenir un critère de décision pour l?utilisation durable du territoire ou l'octroi de subventions.

Le dernier groupe de mesures vise la transmission des connaissances. Le but est de sensibiliser davantage les milieux économiques et la société aux aspects relatifs à la diversité biologique.

19 projets pilotes

Comme le temps presse, 19 projets pilotes seront mis en oeuvre dans les domaines exigeant des actions très urgentes. Berne et un canton ou une commune pilote devraient par exemple procéder à des dézonages en faveur de la biodiversité, plusieurs projets visent à améliorer la mise en réseau des milieux naturels séparés par des routes et des voies ferrées.

Le gouvernement a décidé l'an dernier de soutenir les cantons dans l'application de mesures d'urgence visant à atténuer les déficits de protection de la nature de la biodiversité en forêt. Les biotopes devront être assainis, des réserves forestières entretenues et certaines espèces prioritaires à l'échelle nationale encouragées.

Les mesures prévues pour la première phase du plan pourront être mises en oeuvre sans adaptation législative. Une analyse d'impact sera menée en 2022 et servira à définir l'enveloppe financière pour la seconde phase prévue de 2024 à 2027. Le plan pourrait même être poursuivi au-delà. Il découle de la Stratégie biodiversité suisse adoptée par le Conseil fédéral en avril 2012.

(ats)

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