Scandale de la FIFA: Blatter sous enquête pénale, son bureau perquisitionné
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Scandale de la FIFABlatter sous enquête pénale, son bureau perquisitionné

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert une procédure pénale à l’encontre du Président de la FIFA pour soupçon de gestion déloyale et abus de confiance.

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L'ex-président de l'UEFA a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, après sa condamnation à quatre ans de suspension pour avoir reçu deux millions de francs de Sepp Blatter, à l'époque président de la Fifa. (Mercredi 24 janvier 2018)

L'ex-président de l'UEFA a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, après sa condamnation à quatre ans de suspension pour avoir reçu deux millions de francs de Sepp Blatter, à l'époque président de la Fifa. (Mercredi 24 janvier 2018)

Keystone
«J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible», a déclaré Jérôme Valcke devant les juges du Tribunal arbitral du sport de Lausanne. (Mercredi 11 octobre 2017)

«J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible», a déclaré Jérôme Valcke devant les juges du Tribunal arbitral du sport de Lausanne. (Mercredi 11 octobre 2017)

AFP
Jérome Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA,se rendra  mercredi à Lausanne pour contester devant le Tribunal arbitral du sport sa suspension de dix ans.  (Mardi 10 octobre 2017)

Jérome Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA,se rendra mercredi à Lausanne pour contester devant le Tribunal arbitral du sport sa suspension de dix ans. (Mardi 10 octobre 2017)

AFP

Sepp Blatter se voit reprocher un paiement déloyal de deux millions de francs en faveur de Michel Platini, président de l’Union des Associations Européennes de Football (UEFA), a indiqué vendredi le MPC. Ce dernier soupçonne de plus Joseph Blatter d’avoir signé un autre contrat défavorable à la FIFA avec l’Union caribéenne de football.

«Il existe un soupçon que, dans l’exécution de ce contrat, Joseph Blatter ait également agi de manière contraire aux intérêts de la FIFA, respectivement de FIFA Marketing & TV SA, en violation de ses devoirs de gestion», lit-on dans un communiqué diffusé vendredi par le MPC.

D'après une source proche de la fédération internationale, «c'est fini pour M. Blatter». Aux Etats-Unis, l'avocat de ce dernier, Richard Cullen, cité par Reuters, se dit confiant que lorsque les autorités suisses auront examiné les documents et preuves, elles constateront que le contrat (avec l'Union caribéenne de football, ndlr) a été rédigé en bonne et due forme, négocié par des cadres de la FIFA habilités, et qu'il n'y a «certainement pas eu de gestion déloyale».

Blatter et Platini auditionnés

Sepp Blatter a été entendu vendredi «en qualité de prévenu» par des membres du Ministère public de la Confédération. Michel Platini a aussi été auditionné, «en qualité de personne appelée à donner renseignements», précise le MPC.

Ce dernier a mené une perquisition au siège de la FIFA à Zurich avec la Police judiciaire fédérale. Le bureau de Joseph Blatter a été perquisitionné et des données ont été saisies. Le porte-parole du ministère public a refusé de donner plus de détails.

Selon une source judiciaire suisse, Michel Platini, favori pour succéder à Sepp Blatter, a fourni des éléments de preuve aux enquêteurs chargés du dossier Blatter.

Silence des instances

Du côté de la FIFA, le porte-parole a indiqué à l'ats que la fédération coopérait avec le MPC et avait fourni tous les documents requis. «Nous continuerons de coopérer de la sorte durant l'enquête», assure la fédération dans un communiqué.

Contacté, l’UEFA n'a pas réagi dans l'immédiat à l'accusation selon laquelle Joseph Blatter aurait effectué un versement déloyal de 2 millions de francs en faveur de Michel Platini. Quant au Département fédéral des sports, il n'a aucun commentaire à faire, a déclaré à l'ats son porte-parole Renato Kalbermatten.

Petits et gros poissons

Pour Guido Tognoni, ancien cadre dirigeant de la FIFA, ce qui arrive est «tragique pour la FIFA et pour Sepp Blatter». La procédure ouverte par le MPC est la suite logique des événements: «On ne peut pas prendre les petits poissons et laisser tranquille les gros».

M. Tognoni se montre surpris par ce présumé versement de deux millions de Blatter à Platini. Il faut en déduire que les scandales qui avaient été portés jusqu'à présent à la connaissance du public n'ont pas encore épuisé tout le répertoire. La FIFA est au plus profond de la crise, selon lui.

«Tactique difficilement tenable»

Même s'il faut respecter la présomption d'innocence, cette procédure «justifie à elle seule» que Sepp Blatter se retire rapidement, a estimé Henry Peter, professeur de droit à l'Université de Genève, dans l'émission Forum de la RTS. Il évoque aussi un «coup considérable» contre Michel Platini, alors qu'aucune procédure n'est ouverte contre lui pour le moment.

Ancien secrétaire général de la FIFA, Michel Zen Ruffinen n'a pas commenté l'ouverture de l'enquête contre M. Blatter. Au moment où éclatait le scandale FIFA, l'avocat se disait surpris par «l'ampleur de la charge qui est assez énorme». La ligne de défense de la FIFA est «une tactique qui vaut ce qu'elle vaut, mais elle est difficilement tenable», déclarait Michel Zen Ruffinen le 27 mai sur les ondes de la RTS.

L'étau de resserre

L'étau continue de se resserrer sur la FIFA, aux prises avec une vaste affaire de corruption. Sepp Blatter a dû annoncer sa démission de la présidence le 2 juin, quatre jours seulement après avoir été réélu à cette fonction. Son successeur doit être élu le 26 février.

La semaine dernière, la FIFA a relevé son secrétaire général Jérôme Valcke de ses fonctions, quelques heures après les déclarations d'un ancien footballeur israélien l'impliquant dans une affaire de revente de billets pour la Coupe du monde 2014.

Extraditions en vue

Mercredi, l'Office fédéral de la justice (OFJ) a accepté l'extradition aux Etats-Unis du dirigeant vénézuélien de la FIFA Rafael Esquivel. Ce dernier est soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin pour des montants de plusieurs millions de dollars dans le cadre de l'attribution des droits de marketing pour plusieurs éditions de la Copa America.

L'OFJ avait auparavant avalisé l'extradition aux Etats-Unis du dirigeant de la FIFA Eugenio Figueredo. L'Uruguayen de 83 ans est aussi soupçonné d'avoir accepté des millions de dollars en pots-de-vin de la part d'une société de marketing sportif uruguayenne.

Un autre cadre a déjà été extradé. L'ex-vice-président de la FIFA Jeffrey Webb a été livré aux Etats-Unis en juillet, où il a plaidé non coupable.

(ats, afp)

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