Diplomatie - Blinken en Amérique centrale pour parler immigration
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DiplomatieBlinken en Amérique centrale pour parler immigration

Le secrétaire d’État américain s’est rendu mardi au Costa Rica pour s’attaquer aux causes de l’arrivée des migrants.

Joe Biden à San José le 1er juin 2021.

Joe Biden à San José le 1er juin 2021.

AFP

Le secrétaire d’État américain a appelé mardi l’Amérique centrale à défendre la démocratie et combattre la corruption pour lutter contre les causes «à la racine» de l’afflux de migrants aux États-Unis, au moment où les tensions avec certains pays compliquent la tâche de Washington.

Pour sa première visite en Amérique latine, Antony Blinken a choisi d’aller à San José, au Costa Rica, où se réunissent les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Système d’intégration centraméricain (Sica): Costa Rica, Belize, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama, République dominicaine et Salvador, en présence également de leur homologue mexicain.

Au cœur de ce voyage de deux jours, l’épineux dossier migratoire qui s’est rapidement transformé en casse-tête pour le président américain Joe Biden. «Ce que nous voulons entendre de nos partenaires, c’est un engagement partagé à s’attaquer, avec nous, aux causes qui sont à la racine» des «migrations illégales», a déclaré Antony Blinken lors d’une conférence de presse avec le président costaricien Carlos Alvarado. «Ce qui pousse les gens à quitter tout ce qu’ils connaissent, leur maison, leur famille, leur communauté, leur culture, leur langue, car ils estiment ne pas avoir d’autre choix.»

Arrivé à la Maison-Blanche en janvier, Joe Biden a été immédiatement confronté à un afflux important de migrants à la frontière avec le Mexique, en provenance d’Amérique centrale. Les républicains accusent celui qui avait promis une politique migratoire plus «humaine», pour tourner la page des restrictions draconiennes de la présidence de Donald Trump, d’avoir créé un appel d’air -- et de nier aujourd’hui l’existence d’une «crise».

Démocratie «fragilisée»

Le démocrate a confié à sa vice-présidente Kamala Harris ce dossier à hauts risques -- elle doit faire la semaine prochaine son premier déplacement au Mexique et au Guatemala. Et pour concrétiser sa volonté de s’attaquer au problème «à la racine», il a annoncé une enveloppe de quatre milliards de dollars sur quatre ans pour aider au développement des pays du Triangle Nord (Honduras, Guatemala et Salvador). Or la répartition de ces fonds bute désormais sur des relations de plus en plus tendues avec notamment le Salvador, dont Washington a dénoncé les attaques du pouvoir contre l’indépendance de la justice.

Plus largement, en Amérique centrale, les États-Unis ne cachent pas leur préoccupation quant à la situation au Nicaragua, en matière de démocratie, de liberté de la presse ou de droits humains.

«Nous nous rencontrons à un moment où la démocratie et les droits humains sont fragilisés dans beaucoup d’endroits de la région», a déploré Antony Blinken. «Nous le voyons dans l’érosion de l’indépendance de la justice, la répression visant les médias indépendants et les organisations non gouvernementales, l’interdiction d’opposants politiques et le retour en arrière dans la lutte contre la corruption», a-t-il ajouté, promettant de porter ce message en toute «transparence» à ses homologues concernés. «Cela fait partie des raisons qui poussent les gens à partir de chez eux. Ils n’ont pas confiance dans leurs gouvernements», avait estimé, avant le voyage, la responsable du département d’État pour les Amériques Julie Chung.

Le secrétaire d’État a assuré que les États-Unis étaient prêts à coopérer avec tous les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, mais a martelé qu’ils devaient confirmer leur engagement en faveur de la démocratie et de la lutte contre la corruption. Par contraste, il a salué «l’exemple» du Costa Rica, qui vient de faire son entrée au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

(AFP)

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