24.11.2019 à 18:41

États-UnisBloomberg, l'hyperactif qui veut battre Trump

Michael Bloomberg s'est porté candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2020.

«Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l'Amérique», a déclaré sur son site internet le milliardaire de 77 ans.

«Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l'Amérique», a déclaré sur son site internet le milliardaire de 77 ans.

Keystone

L'ex-maire de New York Michael Bloomberg a annoncé dimanche être candidat à l'investiture démocrate en vue de l'élection présidentielle américaine de 2020.

«Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l'Amérique», a déclaré sur son site internet le milliardaire de 77 ans.

Michael Bloomberg, qui dirigea New York de 2002 à 2013, avait multiplié ces dernières semaines les préparatifs à sa candidature attendue, s'enregistrant notamment jeudi auprès de la Commission électorale fédérale.

Le milliardaire américain Michael Bloomberg, ancien maire de New York et géant de l'information financière, est le quatrième septuagénaire à briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020.

En se déclarant candidat dimanche, l'homme de 77 ans arrive tard dans une bataille pour l'investiture démocrate qui compte déjà 17 candidats, dont trois autres septuagénaires et un milliardaire, Tom Steyer.

Mais il espère que sa fortune - il est, selon Forbes, le neuvième homme le plus riche du monde - lui permettra de rattraper le groupe des favoris, dont les sénateurs Bernie Sanders, 78 ans, et Elizabeth Warren, 70 ans, deux pourfendeurs des milliardaires et de Wall Street aux idées «extrémistes» selon lui.

Trump, «menace existentielle»

Il a lancé dimanche une campagne de publicités télévisées pour un montant record de 31 millions de dollars, jugée d'avance anti-démocratique par Bernie Sanders et Elizabeth Warren qui l'ont accusé de chercher à «acheter» l'élection présidentielle.

Défier Donald Trump, cet autre milliardaire new-yorkais que Bloomberg a fréquenté et parfois complimenté quand il était maire avant de le répudier dès lors qu'il s'est lancé en politique, Michael Bloomberg y songeait depuis longtemps.

«Il représente une menace existentielle pour notre pays et nos valeurs», a-t-il souligné en annonçant formellement sa candidate sur son site.

En 2016 Michael Bloomberg avait déjà caressé l'idée de se présenter comme indépendant. Avant de soutenir la candidature d'Hillary Clinton, de peur de diviser l'électorat démocrate.

L'homme d'affaires a longtemps refusé toute étiquette politique: conservateur économiquement mais favorable à l'avortement, aux droits homosexuels et militant contre la dissémination des armes à feu. Pourra-t-il convaincre l'électorat démocrate?

Il fait valoir ses qualités de gestionnaire, qui en trois mandats de maire ont contribué à revitaliser New York après les attentats du 11 septembre 2001 ou encore sa lutte pour le climat: ambassadeur spécial de l'ONU depuis 2014, il finance les projets de nombreux États, comtés et villes américaines pour réduire leurs émissions de carbone.

Comme d'autres milliardaires, ce divorcé, père de deux filles et deux fois grand-père, s'est engagé à redistribuer la moitié de sa fortune.

Pourtant, beaucoup le voient comme un milliardaire à contre-courant d'un débat démocrate marqué par la volonté de taxer les riches pour corriger de criantes inégalités, ou la nécessité de mobiliser l'électorat noir qui avait manqué à Hillary Clinton.

Excuses

Comme maire, Michael Bloomberg, habitué aux jets privés, était déjà accusé d'avoir fait de New York une ville de riches, et de soutenir des pratiques policières discriminatoires à l'égard des minorités.

Il s'est d'ailleurs excusé récemment pour les interpellations et fouilles arbitraires de la police new-yorkaise («stop-and-frisk») dont il était jusqu'ici un ardent défenseur au nom de la lutte contre la criminalité.

«J'ai eu tort et je suis désolé», a déclaré le milliardaire dans une église majoritairement noire de Brooklyn. «Notre objectif central était de sauver des vies. Mais les faits sont là: beaucoup trop d'innocents ont été arrêtés et une immense majorité d'entre eux étaient noirs ou latinos.»

Personne, cependant, ne conteste ses qualités de chef d'entreprise, couronnement d'un parcours digne du «rêve américain».

Né le 14 février 1942 dans une famille juive de la classe moyenne de Boston, il fait de brillantes études d'ingénieur suivies d'un MBA à Harvard. Il entre chez Salomon Brothers en 1966 et s'y hisse au rang d'associé, ce qui lui vaut, lors du rachat de la banque en 1981, un licenciement assorti d'un chèque de départ de 10 millions de dollars.

Il lance alors sa société d'informations financières, Bloomberg LP, fort d'une innovation qui fera son succès: le terminal Bloomberg, où les financiers affichent en quelques clics des informations du monde entier sur une entreprise ou un marché.

«Sauvé des millions de vies»

Le terminal, facturé quelque 20 000 dollars par an, s'imposera dans les salles de marché, où Bloomberg est aujourd'hui leader devant Thomson Reuters. Michael Bloomberg aime dire qu'il a mieux réussi que Trump, beaucoup moins riche alors qu'il bénéficiait dès l'enfance des millions de son père.

Les deux hommes d'affaires ont cependant des soucis communs: que ferait Michael Bloomberg de son entreprise s'il était élu? Conserverait-il son «bébé» devenu un média puissant, ce qui alimenterait tous les soupçons de conflits d'intérêt?

Michael Bloomberg n'est pas non plus connu pour sa modestie. En 2017, il estimait avoir déjà sa place au paradis, pour avoir «sauvé des millions de vies» grâce à sa lutte contre le tabagisme.

«Quand j'irai au ciel, je ne suis pas sûr de devoir passer un entretien. Je crois que j'entrerai direct», déclarait-il à la chaîne CBS.

(AFP)

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