Mont-Blanc: Bloqués dans une télécabine: il filme l'hélicoptère
Publié

Mont-BlancBloqués dans une télécabine: il filme l'hélicoptère

Cent dix touristes sont restés bloqués dans des télécabines, dont trente-trois toute la nuit. Un touriste a filmé l'approche des secours dans un des quatre hélicoptères.

L'un des hélicoptères italiens engagés dans l'évacuation des touristes.

Trente-trois touristes, dont un enfant de 10 ans, ont passé la nuit de jeudi à vendredi bloqués dans un téléphérique à plusieurs centaines de mètres au-dessus des glaciers du Mont-Blanc, dans les Alpes françaises, à la suite d'un incident technique inexpliqué.

Ces «naufragés du vide» devraient être secourus ce matin, à partir de 6h30 si les conditions météorologiques le permettent, a annoncé le préfet de Haute-Savoie, Georges François Leclerc, lors d'une conférence de presse à Chamonix.

Ils sont coincés depuis un incident intervenu à 15h40 sur ce téléphérique de 5 km de long qui relie l'Aiguille du Midi (3842 mètres) à la Pointe Helbronner (3462 mètres).

77 personnes évacuées

Soixante-dix-sept autres personnes, qui étaient elles aussi coincées, ont pu être évacuées: 48 treuillées par hélicoptère et une trentaine, situées dans des cabines plus proches du sol, qui ont été descendues en rappel par les secours.

Douze personnes ont notamment été évacuées en rappel tard dans la nuit par les secouristes italiens, a indiqué le préfet à l'AFP.

Quatre hélicoptères, français et italien, avaient été mobilisés pour l'opération d'évacuation héliportées commandée par le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix (sud-est).

«Nous avons été obligés d'interrompre les opérations à 20h45» pour des raisons de sécurité, la nuit et la météo rendant les hélitreuillages trop dangereux, a précisé le préfet qui ne pouvait plus «garantir la sécurité des pilotes, des secouristes et des personnes dans les télécabines».

Une «opération très complexe»

«Nous espérons pouvoir évacuer tout le monde à la première heure. Nous avons fait tout ce qu'il était possible de faire» ce soir, a-t-il ajouté, évoquant une «opération très complexe».

Cinq secouristes, trois gendarmes français et deux Italiens, ont été acheminés auprès des naufragés pour leur venir en aide durant la nuit.

Un gendarme a notamment été déposé dans la cabine qui abrite l'enfant de dix ans. Les touristes bloqués disposent aussi de couvertures de survie, de barres énergétiques et de bouteilles d'eau, placés en permanence dans les cabines.

Croisement de câbles

Les secouristes n'ont cependant pas pu prendre position dans deux grappes de trois télécabines (de quatre places) qui se retrouvent donc «orphelines», selon l'expression du préfet.

C'est un croisement de câbles intervenu «pour des raisons inexpliquées», mais sans doute dû à une rafale de vent, qui a bloqué ce téléphérique construit dans les années 1950, selon Mathieu Dechavanne, PDG de la compagnie du Mont-Blanc.

Les employés de la compagnie ne parvenant pas à décroiser les câbles, une opération d'évacuation a commencé vers 17h. les personnes hélitreuillées ont été déposées à la pointe Helbronner, du côté italien du Mont-Blanc, avant d'être ramenées à Chamonix ou ailleurs.

Parfois quelque 400 m de vide

«La dernière heure a été très, très longue. On a appelé la compagnie (du Mont-Blanc, ndlr) qui nous a expliqué que trois câbles s'étaient emmêlés et il n'en restait plus qu'un à défaire mais ils n'ont pas réussi», a raconté un des touristes secourus à la radio France Bleu Pays de Savoie.

Là haut, «on essaie d'évacuer mais c'est très difficile. J'ai dû fermer les yeux pendant un bon moment pour essayer de passer à autre chose», a-t-il ajouté.

Ce téléphérique surplombe la Vallée Blanche et le glacier du Géant des itinéraires de ski de haute montagne prisés, avec par endroits quelque 400 mètres de vide.

En décembre 2011 à Tignes (Savoie), une quarantaine de personnes avaient été bloquées pendant près de sept heures dans le téléphérique de la Grande-Motte, tombé en panne. Elles avaient été évacuées par les secouristes à l'aide de cordes par une trappe située dans le plancher des cabines, qui se trouvaient à une quarantaine de mètres du sol.

(AFP)

Votre opinion