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Démission HildebrandBNS: «Des milliers d'emplois perdus!»

Pour Christian Levrat, l'affaire Hildebrand coûte cher au marché du travail à cause du franc qui reste trop haut.

par
Ludovic Rocchi
Président du Parti socialiste, Christian Levrat tire les leçons de la démission du président de la BNS.

Président du Parti socialiste, Christian Levrat tire les leçons de la démission du président de la BNS.

Keystone

Christian Levrat, on n'a pas entendu le président du Parti socialiste s'emporter contre le spéculateur Hildebrand à la tête de la Banque nationale. Vous n'êtes plus de gauche?

Je n'aime pas hurler avec les loups. Mais je suis clair depuis le début: il a commis une faute morale et son départ est logique. Le paradoxe dans cette affaire, c'est que M. Hildebrand défendait une politique monétaire plutôt favorable aux salariés et qu'il est tombé pour ses transactions privées. Donc, son départ ne profite pas vraiment aux salariés que je défends dans cette affaire, mais plutôt aux ultralibéraux qui veulent spéculer en paix!

Vous croyez vraiment que l'affaire Hildebrand a des conséquences pour l'emploi?

Oui, c'est ce qui est le plus grave. Des milliers de places de travail vont continuer de disparaître à cause du franc suisse qui reste trop fort face à l'euro. A mon avis, au mois de décembre, il existait une excellente opportunité sur les marchés de pousser le plancher de 1?fr.?20?à 1?fr.?30 pour 1?euro. On doit malheureusement retenir que si cette occasion a été ratée, c'est parce que le directoire de la BNS n'a pas voulu prendre ce risque en voyant venir la polémique Hildebrand.

Vous devriez en vouloir d'autant plus à Hildebrand de ne pas avoir su refréner son goût pour les dollars?

Oui, son attitude fait partie du problème et des dégâts causés. Mais il ne faut pas oublier la campagne menée par l'UDC avec des visées qui vont à l'encontre des intérêts des petites gens. Derrière le masque de chevalier blanc que se donne Blocher, il y a celui de Dark Vador!

Expliquez-vous...

Le but de l'UDC n'est pas vraiment de modifier un règlement laxiste à la BNS ou de congédier un président qui en a profité. Là-dessus, nous pourrions nous rejoindre. Derrière ce masque, il y a la volonté d'affaiblir une politique de la BNS qui visait à réguler plus strictement les banques, à diminuer les bonus des managers et à lutter contre le franc fort. Nous voulons renforcer la BNS, pas l'affaiblir.

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