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TerrorismeBoko Haram placé sur la liste noire par l'ONU

Les sanctions contre le groupe islamiste consistent en des gels d'avoirs, un embargo sur les armes et des interdictions de voyager.

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Alors que les militaires nigérians ont affirmé que Boko Haram était vaincu, le chef de la secte islamiste est apparu dans une vidéo se disant déterminé à poursuivre le combat. (Mardi 6 février 2018)

Alors que les militaires nigérians ont affirmé que Boko Haram était vaincu, le chef de la secte islamiste est apparu dans une vidéo se disant déterminé à poursuivre le combat. (Mardi 6 février 2018)

AFP
La rébellion de Boko Haram, qui dure depuis huit ans, a provoqué la mort de quelque 20'000 personnes, le déplacement de 2,6 millions d'autres et une terrible crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. (Photo d'archives)

La rébellion de Boko Haram, qui dure depuis huit ans, a provoqué la mort de quelque 20'000 personnes, le déplacement de 2,6 millions d'autres et une terrible crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. (Photo d'archives)

AFP
Boko Haram a enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village situé au nord de Diffa (ici à l'image) dans le  sud-est du Niger. (Mardi 4 juillet 2017)

Boko Haram a enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village situé au nord de Diffa (ici à l'image) dans le sud-est du Niger. (Mardi 4 juillet 2017)

AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU a placé jeudi le groupe islamiste armé Boko Haram sur la liste noire des organisations terroristes soumises à des sanctions en raison de leurs liens avec Al-Qaïda.

Le Nigeria avait demandé cette mesure au Comité des sanctions contre Al-Qaïda, qui dépend du Conseil, et aucun pays membre du comité ne s'y est opposé, ont indiqué des diplomates. Les sanctions consistent en des gels d'avoirs, un embargo sur les armes et des interdictions de voyager.

L'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power s'est immédiatement félicitée dans un communiqué de cette «mesure importante» qui va selon elle «aider à fermer à Boko Haram des sources importantes de financement et d'armement ainsi que des possibilités de déplacement, et montrer l'unité de la communauté internationale» dans la lutte contre ce groupe.

Portée politique

Selon l'ambassadrice nigériane à l'ONU Joy Ogwu, «c'est une mesure importante, il s'agit d'un crime transnational qu'il faut traiter de manière transationale». «L'essentiel est de s'attaquer au problème, c'est-à-dire au terrorisme», a-t-elle ajouté.

Cette mesure a surtout une portée politique, souligne un autre diplomate: «c'est un signal fort qui montre que Boko Haram n'a aucun soutien dans la communauté internationale». Concrètement, explique-t-il, les sanctions permettront de restreindre l'approvisionnement du groupe, créé il y a dix ans, mais ses membres, basés dans le nord du Nigeria, voyagent peu.

Selon le représentant spécial de l'ONU pour l'Afrique centrale, Abou Moussa, il faut tarir les sources de financement de Boko Haram, qui dispose notamment d'armement lourd. C'est «le problème qu'il faut se poser: d'où viennent les fonds?», a-t-il déclaré mercredi à Libreville.

Attaques meurtrières

Les insurgés islamistes de Boko Haram ont enlevé à la mi-avril plus de 200 lycéennes à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, et leurs attaques sanglantes ont fait des milliers de morts depuis 2009.

Le groupe islamiste armé est accusé d'une nouvelle série d'attaques meurtrières cette semaine, dont un double attentat sanglant mardi à Jos, dans le centre du pays, qui a fait 118 morts et 56 blessés.

L'imposition par l'ONU de sanctions internationales à l'encontre de Boko Haram avait été recommandée lors d'une conférence samedi à Paris, qui réunissait les présidents nigérian, tchadien, camerounais, nigérien et béninois, ainsi que des représentants des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l'Union européenne.

(AFP)

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