14.08.2020 à 00:37

Amérique latineBolivie: la loi sur les élections promulguée

Le 18 octobre sera la date limite pour l’organisation des élections présidentielle et législatives en Bolivie, où des blocages routiers se poursuivent.

Jeanine Añez le 13 août 2020 à La Paz.

Jeanine Añez le 13 août 2020 à La Paz.

KEYSTONE

La présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, a promulgué jeudi une loi qui fixe un délai maximum pour l’organisation des élections générales, objet de tensions politiques et sociales dans le pays andin depuis des mois, avec des blocages routiers qui persistent.

Le texte, approuvé mercredi soir par le Sénat et jeudi par les députés, fixe la date du 18 octobre comme date limite pour l’organisation des élections présidentielle et législatives. Il appartient désormais au Tribunal suprême électoral (TSE) de fixer le jour exact des élections, qui ne pourra être postérieur au 18 octobre.

Initialement fixé au 3 mai, le scrutin avait été reporté une première fois au 6 septembre, puis une deuxième fois au 18 octobre en raison des risques liés à la pandémie de coronavirus. Ces reports successifs ont provoqué la colère des partisans de l’ex-président déchu Evo Morales (2006-2019), alors que son dauphin, le candidat de la gauche Luis Arce, est en tête des intentions de vote au premier tour, devant le centriste Carlos Mesa et la conservatrice Jeanine Añez.

Barrages routiers

Depuis une dizaine de jours, les protestataires ont notamment dressé des barrages routiers dans tout le pays, rendant difficiles les approvisionnements en denrées et en médicaments en pleine épidémie. Les hôpitaux commencent à manquer d’oxygène et leurs responsables ont appelé les manifestants à laisser passer l’oxygène médical, indispensable pour traiter les patients atteints du Covid-19. «Le nombre de barrages a baissé depuis le vote de la loi pour la tenue des élections en octobre», a toutefois assuré jeudi le vice-ministre de l’Intérieur, Javier Issa.

Certains ont toutefois été maintenus, notamment à La Paz, Oruro (ouest), Cochabamba (centre) et Santa Cruz (est). Le chef de la Centrale ouvrière bolivienne, Carlos Arrachis, a dénoncé «une trahison», se déclarant insatisfait après le vote de la loi sur les élections, car aucun autre problème, dont celui de la crise économique, n’a été résolu.

Le leader de la communauté indigène aymara, Felipe Quispe, a affirmé de son côté que ses partisans n’avaient nullement l’intention de suspendre leur mouvement de protestations, exigeant la démission de la présidente par intérim.

Crise post-électorale

L’Église catholique, l’Union européenne et les Nations Unies, qui depuis mardi ont entamé des discussions pour la mise en place d’une plateforme de dialogue entre le gouvernement, les partis politiques, le Parlement et les syndicats, ont en revanche jugé dans un communiqué que le vote de la loi sur les élections créait les conditions «pour que tous reprennent la voie de la coexistence pacifique, respectueuse et sans violence».

La Bolivie traverse une crise post-électorale depuis le scrutin d’octobre 2019. Le président sortant, Evo Morales, s’était proclamé vainqueur de la présidentielle pour un quatrième mandat, mais l’opposition avait crié à la fraude. Après des semaines de manifestations, le président indigène avait démissionné début novembre et fui la Bolivie, lâché par la police et l’armée. Un gouvernement intérimaire est en place depuis lors, dans l’attente de nouvelles élections.

(AFP/NXP)

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