06.02.2020 à 13:47

UlsterBombe fixée à un camion en Irlande du Nord

Alertée sur la présence d'un véhicule piégé dans un ferry la nuit du Brexit, la police a découvert plusieurs jours après un engin explosif fixé à un camion.

Le niveau de menace lié au terrorisme en Irlande du Nord est qualifié de «grave» par les autorités.

Le niveau de menace lié au terrorisme en Irlande du Nord est qualifié de «grave» par les autorités.

Keystone

La police britannique a annoncé jeudi avoir trouvé une bombe fixée à un camion en Irlande du Nord après avoir été alertée sur un véhicule piégé devant exploser au moment du Brexit, et a accusé des «républicains dissidents».

Dans un communiqué, la police d'Irlande du Nord a expliqué avoir reçu le 31 janvier des informations, selon lesquelles un engin explosif avait été placé dans un camion devant voyager en ferry le soir même entre l'Irlande du Nord et et la Grande-Bretagne.

Des fouilles n'avaient alors rien donné et c'est finalement plusieurs jours plus tard, dans une zone industrielle d'Irlande du Nord, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Belfast, que de nouvelles informations avaient permis de retrouver un engin explosif fixé à un camion, selon la même source.

«Les informations dont dispose la police montrent clairement que des républicains dissidents ont délibérément (...) attaché un engin explosif à un camion de marchandises, en sachant parfaitement que cela ferait courir au chauffeur, aux automobilistes et au public un risque de blessures ou de mort», a déclaré la police.

Conférence de presse

Lors d'une conférence de presse à Belfast, la police a estimé que les poseurs de bombe avaient pu se tromper de véhicule, celui choisi n'ayant pas quitté les lieux avant sa découverte.

L'engin explosif «aurait pu causer la mort et de très sérieuses blessures», a déclaré un responsable de la police, George Clarke.

Selon lui, l'intention était «que l'engin explose à peu près au moment où le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne», vendredi dernier à 23h GMT (minuit en Suisse).

3500 morts

Pendant trois décennies, les républicains nationalistes, en majorité catholiques, et les unionistes, principalement protestants, partisans du maintien de l'Irlande du nord dans le Royaume-Uni, se sont affrontés lors des «Troubles» impliquant également l'armée britannique, qui ont fait 3500 morts.

L'accord de paix du Vendredi Saint y a mis un terme en 1998, instaurant un partage du pouvoir exécutif et une frontière ouverte avec l'Irlande, dont le maintien a été une question cruciale lors des négociations du Brexit.

Le niveau de menace lié au terrorisme en Irlande du Nord est qualifié de «grave» par les autorités, ce qui signifie qu'une attaque est jugée «hautement probable».

En avril dernier, une journaliste de 29 ans avait été tuée par balle lors d'affrontements à Londonderry, à la frontière irlandaise. La Nouvelle IRA, groupe républicain dissident luttant pour la réunification de l'Irlande, avait admis sa responsabilité.

(ats)

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