05.07.2019 à 21:23

Boris Johnson et Jeremy Hunt en Ecosse

Royaume-Uni

En Ecosse, les candidats à la succession de Theresa May ont promis vendredi de barrer la route des indépendantistes.

1 / 150
La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

AFP
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

AFP
Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

AFP

Les deux candidats à Downing Street, Jeremy Hunt et Boris Johnson, ont promis de barrer la route des indépendantistes écossais vendredi soir à Perth, en Ecosse, devant des militants conservateurs qui craignent qu'un Brexit «dur» ne sonne le glas du Royaume-Uni.

Favori des militants de base du Parti conservateur pour succéder à la Première ministre britannique Theresa May, Boris Johnson s'est engagé avec fougue à «protéger et défendre l'union» du pays, suscitant des acclamations. «Un Brexit réussi peut enraciner et intensifier l'union», a aussi fait valoir celui qui fut l'un des plus fervents défenseurs de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne lors de la campagne du référendum de 2016.

Les Ecossais se sont déjà exprimés sur l'indépendance de leur nation en septembre 2014, rejetant à 55% cette option. Mais la Première ministre écossaise et cheffe du parti indépendantiste SNP, Nicola Sturgeon, compte organiser un second référendum d'ici 2021, estimant que le Brexit a changé la donne.

Le référendum de 2014 était «vraiment terrifiant», a déclaré Jeremy Hunt lors du meeting organisé à Perth, ville d'environ 45'000 habitants située à 70 km au nord d'Edimbourg. S'il est élu Premier ministre et que Nicola Sturgeon lui demande l'autorisation d'organiser un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, il lui répondra un «non poli». «Je ne permettrai jamais de démolir notre union», a-t-il déclaré sous les vivats.

Un bon «amuseur public»

Ce meeting était la quatrième visite en Ecosse de Jeremy Hunt, qui n'a pas manqué de se faire photographier le mois dernier buvant un Irn-Bru, soda très populaire chez les Ecossais, dans le port de Peterhead. Il bénéficie aussi du soutien de la très populaire cheffe du Parti conservateur écossais, Ruth Davidson.

Pour son rival Boris Johnson, en revanche, c'était la première incursion en terre écossaise depuis le début de la campagne. Si Boris Johnson est le préféré des 160'000 membres du Parti conservateur qui départageront les deux finalistes, il lui reste à séduire les Ecossais.

«Il est très populaire en Angleterre, mais il est moins connu en Écosse, et il va avoir un gros travail dans les prochaines semaines pour montrer qu'il agit dans l'intérêt de l'Ecosse» a expliqué à l'AFP Craig Hoy, conseiller conservateur à East Lothian, à l'est d'Edimbourg.

Après avoir écouté les deux candidats exposer leurs programmes et répondre aux questions, Ryan Kelly, 18 ans, a tranché: ce sera «Jeremy Hunt». «On a besoin de rassembler les gens, pas de créer de plus amples divisions», a-t-il justifié auprès de l'AFP, comparant Boris Johnson au président américain Donald Trump. «Aux Etats-Unis, l'économie va très bien mais la société est tellement divisée...» commente-t-il. «Boris est un très bon amuseur public mais j'aimerais quelqu'un avec un peu plus de substance», estime aussi Rhona Metcalfe, 49 ans, cheffe d'une petite entreprise.

Préserver l'intérêt du pays

Quelque 200 manifestants s'étaient rassemblés, drapeaux écossais bleu et blanc au poing, en face du lieu où se réunissaient les conservateurs, réclamant bruyamment l'indépendance de l'Ecosse. Parmi eux, Wren Chapman, 54 ans, venue de Glasgow, a déclaré à l'AFP que les conservateurs ont «beaucoup aidé la cause de l'indépendance parce qu'ils ont fait une telle pagaille avec le Brexit».

Si, jusqu'à l'an dernier, le rapport de force entre pro- et anti-indépendance avait peu évolué, quatre sondages publiés entre mi-avril et mi-juin montrent que le vote en faveur de l'indépendance a gagné quelques points, atteignant en moyenne 48%.

Certains s'inquiètent des promesses de Boris Johnson de faire sortir le pays de l'UE fin octobre, accord ou non. Les Ecossais ont voté à 62% contre le Brexit lors du référendum de juin 2016 et craignent les conséquences sur leur économie d'une rupture brutale avec l'UE. Un récent sondage montre ainsi que plus de la moitié (53%) d'entre eux voterait pour l'indépendance si Boris Johnson devenait Premier ministre.

Jeudi, Theresa May a exhorté son futur successeur à préserver l'unité du pays. Dans un discours prononcé à Stirling, en Ecosse, elle a souligné l'importance pour cela de conclure un «bon» accord avec l'UE.

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!