13.12.2019 à 16:18

CommerceBoris Johnson gagne, l'économie suisse sourit

Le succès du Premier ministre britannique aux législatives va être bénéfique pour les entreprises helvétiques. Mais il reste des incertitudes.

Le Royaume-Uni est le sixième débouché commercial de la Suisse.

Le Royaume-Uni est le sixième débouché commercial de la Suisse.

La Bourse suisse a réagi avec soulagement au triomphe électoral des conservateurs britanniques lors des élections législatives anticipées. La victoire des Tories n'a toutefois pas dissipé toutes les incertitudes liées à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) pour les entreprises helvétiques.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a indiqué son intention de consommer le divorce d'ici fin janvier. «Cette étape sera certainement utile également pour l'économie suisse, car une part d'incertitude disparaît», a confié à AWP l'économiste d'UBS, Alessandro Bee. «Cela est sûrement positif», renchérit son confrère de la Banque cantonale de St-Gall (SGKB).

Mais toutes les incertitudes liées au Brexit pour les entreprises helvétiques n'ont pas disparu. Le processus de sortie de l'UE risque de prendre encore des mois, voire des années, et on ignore encore complètement quelle sera la nature de l'accord entre les deux parties, pour autant qu'il y en ait un.

Sixième débouché commercial

Pour Jan Atteslander, responsable des relations économiques extérieures auprès de la faîtière Economiesuisse, la période transitoire sera prolongée de deux ans. Selon lui, plus le Royaume-Uni sera intégré dans le marché européen, mieux cela vaudra pour la Suisse.

Pour l'économie helvétique, les relations commerciales directes avec le Royaume-Uni ne sont pas l'élément principal, souligne l'expert d'UBS. Les incertitudes autour du Brexit ont pesé sur certaines entreprises helvétiques, exclusivement en affaires avec des sociétés allemandes, mais qui elles-même avaient des relations commerciales avec des firmes britanniques.

Le Royaume-Uni est le sixième débouché commercial de la Suisse. «A cela s'ajoutent des investissements directs pour plus de 50 milliards de francs, ainsi qu'une étroite imbrication des deux industries financières», explique le spécialiste de la SGKB. Pour les banques justement, Londres a été jusqu'ici le principal centre financier de l'UE. Depuis le vote sur le Brexit, les grandes banques UBS et Credit Suisse ont délocalisé de la City un certain nombre de collaborateurs et de fonctions.

Pas de gros changements dans l'immédiat

Le désamour des banques ne trahit toutefois pas un désintérêt total des entreprises helvétiques pour le marché britannique, comme le démontre le résultat d'un récent sondage réalisé par Switzerland Global Enterprise, organe de promotion des exportations.

Un porte-parole a reconnu un certain accès de frilosité compréhensible au vu des incertitudes, soulignant néanmoins un intérêt élevé de nombreuses petites et moyennes entreprises pour des débouchés au Royaume-Uni.

Sur le plan politique, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) rappelle que des accords provisoires ont été négociés entre la Suisse et la Grande-Bretagne, qui devraient permettre aux sociétés helvétiques actives outre-Manche d'éviter de gros changements dans l'immédiat.

(ats)

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