Actualisé 10.12.2019 à 16:35

BrexitBoris Johnson prend en otage «Love Actually»

Dans un exercice d'humour anglais que certains jugent douteux, le premier ministre britannique s'affiche dans une vidéo de campagne qui parodie une séquence choupinette de la célèbre comédie romantique.

par
LeMatin.ch

Qui sonne à la porte de la citoyenne indécise? Boris Johnson, évidemment.

La campagne des élections législatives anticipées, voulues par Boris Johnson dans l'espoir de reconquérir une majorité conservatrice au Parlement, touche à sa fin. Les belligérants sont à couteaux tirés et ne reculent devant rien, avant le 12 décembre, pour séduire un électorat déchiré sur la question du Brexit. Pour les derniers 100 mètres, le conservateur et actuel Premier ministre Boris Johnson a choisi l'humour en apparaissant dans une vidéo parodique qui pille sans vergogne une séquence clé de «Love Actually».

Pour rappel, «Love Actually» est une célèbre comédie romantique aussi britannique que chorale (millésime 2003, comme le temps passe) de Richard Curtis. Dégoulinante de sentimentalité pour certains, atrocement adorable pour d'autres, elle n'en tend pas moins à démontrer qu'en période de Noël chaque pot trouve son couvercle.

Johnson reprend ici habilement la scène dans laquelle Mark (Andrew Lincoln) amoureux transi (il fait froid dehors), dévoile ses sentiments à l'aide de pancartes, à l'entrée du nid douillet de Juliet (Keira Knightley).

La séquence originale tirée de «Love Actually». (Extrait YouTube/DR)

Il suffit de de comparer les deux séquences pour remarquer le soin porté à la parodie, dans laquelle Boris Johnson se révèle totalement convaincant. Pas forcément en incurable romantique, mais dans le rôle du politicien aux abois, pour sûr.

La manœuvre de Johnson n'en a pas moins agacé, et pas le moindre puisqu'il s'agit de Hugh Grant qui, dans le film, incarne un premier ministre. «J’ai trouvé que c’était plutôt bien fait, il y a de la valeur ajoutée, mais il est clair que le parti a énormément d’argent à dépenser. C’est peut-être là que vont les roubles», a déclaré l'acteur à la BBC en faisant allusion aux accusations de contributions russes à la campagne des conservateurs.

Et de souligner que l'une des pancartes tenues par Mark dans le film, sur laquelle est écrit «Parce qu’à Noël, on dit la vérité», manque dans le clip politique. «Les conseillers en communication du parti ont sans doute estimé que, dans les mains de Boris Johnson, cela ne passerait pas», précise, non sans perfidie, l'acteur, opposant notoire au Brexit.

JChC

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