Euro 2020 - Boris Johnson veut interdire de stade les auteurs d'insultes racistes
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Euro 2020Boris Johnson veut interdire de stade les auteurs d'insultes racistes

Suite aux attaques visant trois joueurs anglais noirs, le Premier ministre britannique a annoncé son intention d'interdire de stade les supporters ayant proféré des insultes racistes en ligne.

À Manchester, des manifestants anti-racisme protestent contre la vandalisation d’une fresque à l’effigie de Marcus Rashford, l’un des trois Anglais visés par des injures après la finale perdue par l’Angleterre.

À Manchester, des manifestants anti-racisme protestent contre la vandalisation d’une fresque à l’effigie de Marcus Rashford, l’un des trois Anglais visés par des injures après la finale perdue par l’Angleterre.

AFP

Après la finale de l'Euro perdue par l'Angleterre contre l'Italie dimanche à Wembley, Jadon Sancho, Bukayo Saka et Marcus Rashford avaient été visés par un torrent d'attaques racistes sur les réseaux sociaux, unanimement condamnées du gouvernement aux instances sportives.

«Je condamne très fermement les déferlements racistes auxquels nous avons assisté dimanche soir», a déclaré Boris Johnson devant les députés. «Et donc, ce que nous faisons aujourd'hui, c'est prendre des mesures pratiques pour assurer que le régime d'interdiction (de stade) de football soit modifié, de sorte que si vous êtes coupable d'injures racistes en ligne envers des footballeurs, vous ne pourrez vous rendre au match. Pas de mais, pas d'exemptions et pas d'excuses», a annoncé le dirigeant conservateur.

Ce régime d'interdiction a été créé en 1989 pour prévenir les troubles causés par les hooligans anglais lors de matches.

Le gouvernement de Boris Johnson était sous pression pour agir, après un appel du Parti travailliste, principale formation d'opposition, en faveur d'une telle extension de l'interdiction au racisme en ligne, tandis qu'une pétition sur internet demandant un bannissement à vie a déjà recueilli plus d'un million de signatures.

Accusations d’hypocrisie

Entrés en fin de rencontre dimanche au stade londonien de Wembley, Jadon Sancho, Bukayo Saka et Marcus Rashford avaient raté leurs tirs au but, scellant la défaite de l'Angleterre et brisant ainsi le rêve de tout un pays qui espérait décrocher un deuxième titre majeur, 55 ans après son succès à domicile durant la Coupe du monde 1966.

Changer le régime d'interdiction des stades est «complexe» car certains des «trolls» se trouvent à l'étranger, a expliqué Victoria Atkins, secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur, à la chambre basse du Parlement, «mais nous voulons vraiment travailler avec les clubs de football et autres pour assurer que ces ordres aient les pouvoirs que nous voulons qu'ils aient».

Le gouvernement a lui-même été accusé d'hypocrisie, notamment par le Labour, pour avoir refusé de condamner les supporters huant les Three Lions lorsqu'ils posaient le genou à terre pour dénoncer le racisme. Un équipier des trois footballeurs, Tyrone Mings, avait aussi accusé la ministre de l'Intérieur, Priti Patel, d'avoir «attisé le feu». Boris Johnson s'en est défendu. «Nous avons été très clairs sur le fait que personne ne devrait huer l'équipe d'Angleterre», a-t-il affirmé.

Mardi, Boris Johnson avait reçu à Downing Street des représentants des sociétés de réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, TikTok, Snapchat et Instagram. Le dirigeant a dit leur avoir «très clairement signifié que nous allons légiférer pour répondre à ce problème», en référence au projet de loi sur la sécurité en ligne. «Si elles ne retirent pas la haine et le racisme de leurs plateformes, elles risquent des amendes allant jusqu'à 10% de leurs revenus mondiaux».

La police du Grand Manchester (nord-ouest) a annoncé mercredi l'arrestation d'un homme de 37 ans, qui s'est rendu de lui-même aux forces de l'ordre, pour la publication des commentaires racistes sur les réseaux sociaux après la finale dimanche.

(AFP)

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