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Transport aérienBouffée d'oxygène pour Alitalia

Le conseil d'administration de la compagnie aérienne italienne Alitalia devait examiner vendredi un nouveau plan de sauvetage prévoyant une re-nationalisation partielle.

Un nouveau plan de sauvetage se dessine pour la compagnie italienne Alitalia.

Un nouveau plan de sauvetage se dessine pour la compagnie italienne Alitalia.

ARCHIVES, AFP

Son principal actionnaire, le groupe Air France-KLM, laisse à ce stade planer le mystère sur ses intentions.

L'annonce, faite tard jeudi par le gouvernement italien que le groupe public Poste Italiane allait participer à hauteur de 75 millions d'euros (92,5 millions de francs) à l'augmentation de capital de 300 millions dont a besoin Alitalia a apporté une bouffée de soulagement dans le pays, où l'on redoutait de voir la flotte de la principale compagnie italienne clouée au sol dès samedi faute d'argent frais.

«Aujourd'hui, c'est un énorme pas en avant qui a été fait», a ainsi réagi le président de l'Autorité italienne de l'aviation civile (Enac) Vito Riggio, qui avait lui-même évoqué jeudi une possible révocation de la licence d'Alitalia si une solution n'était pas trouvée dans les prochaines heures.

«Le gouvernement a accompli une chose très importante, il a réussi à trouver une solution dans un moment d'extrême difficulté pour le trafic aérien», a-t-il ajouté.

La prospère Poste italienne pourrait acquérir selon le schéma prévu quelque 12% d'Alitalia, dont le capital, entièrement privé, est actuellement détenu à hauteur de 25% par le groupe Air France-KLM et le reste par une vingtaine de sociétés italiennes.

Peu de synergies

Poste Italiane possède elle-même une petite compagnie aérienne, Mistral Air, dotée de 7 ou 8 avions, mais les synergies entre les deux compagnies semblent cependant peu significatives, note la presse.

D'autres actionnaires historiques d'Alitalia dont Intesa Sanpaolo et Atlantia devraient également mettre au pot, de même qu'un consortium de banques mené par Unicredit. Alitalia devrait aussi se voir allouer une ligne de crédit de 200 millions d'euros, soit un total de 500 millions de financement.

Nouveau projet industriel

Le gouvernement italien a cependant insisté sur le fait que l'aide fournie à Alitalia n'était pas «sans conditions» et exigé «une discontinuité et une stabilisation de son actionnariat, de même qu'une importante restructuration via un nouveau projet industriel».

La prudence reste donc de mise, alors que le plan doit être soumis au conseil d'administration d'Alitalia, convoqué pour vendredi 12h00 GMT à Fiumicino, près de Rome. Une assemblée générale extraordinaire devra se prononcer à son tour le 14 octobre.

Signe que tout n'est pas réglé, le patron du groupe pétrolier Eni Paolo Scaroni, qui avait déjà menacé en début de semaine de couper l'approvisionnement en carburant d'Alitalia, a répété vendredi sa position: «Si je vois apparaître des éléments qui me rassurent sur le fait qu'Alitalia continuera à fonctionner, nous l'approvisionnerons comme toujours. Sinon non», a-t-il dit.

Besoin d'un partenaire

Même si le plan de sauvetage est validé, la compagnie, chroniquement déficitaire, a toujours besoin de s'adosser à un «partenaire étranger», a admis le ministre italien des Transports Maurizio Lupi, le principal artisan du plan de sauvetage.

Du moins cette solution transitoire lui permet-elle de se présenter «en position de parité», a-t-il estimé. Pour l'heure, Air France-KLM a été désigné comme «partenaire principal», a-t-il dit.

«Pour le moment, il y a une souscription pour une importante augmentation de capital de 300 millions d'euros. Voyons ce que fera Air France, sinon je crois que la tâche d'Alitalia sera de trouver un autre grand partenaire international», a-t-il ajouté.

Air France-KLM ne se prononce pas

Nul ne sait à ce stade si le groupe franco-néerlandais, lui-même en pleine restructuration s'est décidé à être ce partenaire, l'entreprise se refusant à tout commentaire. «Le plan de sauvetage d'urgence est une solution qui a le mérite de ne pas clouer au sol les avions d'Alitalia cette semaine et qui n'oblige pas Air France-KLM à une contribution», a-t-on seulement souligné de source industrielle à Paris.

«La solution trouvée n'est viable que si un plan de restructuration strict est mené et à condition de ne pas augmenter encore la dette», a-t-on remarqué.

Pour maintenir sa part de 25%, Air France-KLM devrait débourser 75 millions d'euros. Il peut également l'accroître en payant davantage, ou à l'inverse la voir se diluer à un peu plus de 10% s'il décide de ne pas participer à l'opération.

(ats/afp)

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