Bande dessinée: Bravo signe la plus bouleversante aventure de Spirou
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Bande dessinéeBravo signe la plus bouleversante aventure de Spirou

En plongeant le groom dans l’histoire de la Belgique occupée par les Allemands, le dessinateur est parvenu à montrer qu’un héros classique de la BD peut transcender une tragédie.

par
Michel Pralong

La bande-annonce de «L’espoir malgré tout», 4e et dernière partie.

Dupuis

Cette série va rester dans les grands classiques de la BD. Tout avait débuté en 2008 quand, dans la collection «Spirou vu par…», Émile Bravo sortait «Le journal d’un ingénu». Spirou, jeune groom à l’hôtel Moustic à Bruxelles, faisait la connaissance d’un certain Fantasio et voyait dans les couloirs de l’établissement se dérouler de mystérieux pourparlers à propos d’une éventuelle guerre à venir.

Plonger ce héros pour la jeunesse dans l’une des périodes les plus noires de l’histoire était un pari fou, mais parfaitement réussi. D’autant que l’auteur parvient à ne rien éluder tout en conservant une fraîcheur et une bonne humeur enfantine étonnante. L’album fut unanimement salué, sans que l’on se doute qu’il n’était que le prologue d’une vaste tragicomédie.

Spirou n’oublie jamais ses valeurs

Émile Bravo a en effet décidé de raconter la suite, l’occupation de la Belgique par les troupes allemandes, la Résistance, les déportations, les massacres, les tortures, les lâchetés des uns et le courage des autres. Spirou et Fantasio trouvent leur place dans ce théâtre de sinistres marionnettes et donnant des spectacles avec justement un tel théâtre. Spirou traverse l’aventure avec plus de naïveté que Fantasio, dont l’inconscience le mène parfois à la bravoure. Mais contrairement à son grand ami blond, Spirou n’oubliera jamais la compassion pour l’autre, quelle que soit sa religion ou son uniforme.

Les quatre tomes de «L’espoir malgré tout» sont exceptionnellement bien écrits, intelligents de la première à la dernière case. Bravo est parvenu à faire en BD ce que Roberto Begnini avait fait au cinéma avec «La vie est belle», l’histoire de ce père qui fait croire à son fils que les camps de concentration ne sont qu’un jeu. Ce Spirou ne montre pas que la guerre est un jeu, il prouve au contraire qu’elle est une abomination, mais qu’en conservant toujours son humanité et de l’espoir, on peut être plus fort qu’elle.

L’ultime volume de cette série se conclut sur une surprise, très émouvante, qui rend encore plus poignante cette aventure hors normes qu’a vécue Spirou.

«Spirou L’espoir malgré tout», Tome 4, par Émile Bravo, Éd. Dupuis

«Spirou L’espoir malgré tout», Tome 4, par Émile Bravo, Éd. Dupuis

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