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«Irrégularités»Brésil: la présidente Rousseff sur la sellette

Après avoir analysé les comptes publics 2014 au Brésil, la cour des comptes a noté qu'ils «ne sont pas en état d'être approuvés».

Selon les opposants de Dilma Rousseff, de telles pratiques illégales peuvent entraîner une destitution.

Selon les opposants de Dilma Rousseff, de telles pratiques illégales peuvent entraîner une destitution.

Keystone

La cour des comptes brésilienne a rejeté mercredi la gestion des comptes publics de l'Etat de 2014, au motif qu'ils auraient été sciemment entachés d'irrégularités pour maquiller l'ampleur des déficits. Cette décision ouvre la voie à une possible destitution de la présidente Dilma Rousseff.

Les membres du tribunal des comptes de l'union (TCU) ont adopté à l'unanimité le rapport non contraignant de son rapporteur préconisant le rejet des comptes publics du Brésil pour 2014, une décision sans équivalent dans ce pays depuis 1936.

Minimiser l'ampleur des déficits publics

«Les comptes publics de 2014 ne sont pas en état d'être approuvés. Nous recommandons le rejet» par les parlementaires, a déclaré le rapporteur du TCU, Augusto Nardes.

Les membres du TCU ont ainsi validé les arguments de l'opposition de droite selon lesquels le gouvernement a sciemment maquillé les comptes de l'Etat en 2014, pour minorer l'ampleur des déficits publics en pleine année électorale.

Il aurait notamment fait supporter temporairement par des organismes publics certaines dépenses courantes incombant à l'Etat et d'autres dépenses excédant celles adoptées par le Parlement lors du vote du budget, pour un montant total de 41 milliards de réals (environ 10,3 milliards de francs).

Crime de responsabilité

Selon les opposants de Dilma Rousseff, de telles pratiques illégales peuvent caractériser un «crime de responsabilité» de la présidente, prévu par la constitution comme motif possible d'une destitution. Le rapport du TCU ne sera soumis au vote du Congrès (députés et sénateurs réunis en plénière) qu'au terme d'un parcours parlementaire assez long, probablement pas avant début 2016.

Le procureur général du Brésil, Luis Adams, a, d'ailleurs, déclaré que le gouvernement ferait appel auprès de la cour suprême de la décision de la cour des comptes. «Ce n'est pas terminé», a-t-il dit, jugeant que cette décision avait été prise sans base légale.

Mardi soir, le tribunal supérieur électoral (TSE) avait infligé un premier revers à Mme Rousseff, en relançant une enquête sur la campagne présidentielle de 2014 ayant abouti à sa réélection, sur fond d'accusations par l'opposition de financement illicite en marge du vaste scandale de corruption qui éclabousse le géant public pétrolier Petrobras.

(ats)

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