29.10.2018 à 12:47

EditorialBrésil, miroir du monde, mais pas de la Suisse

L'élection de Jair Bolsonaro est saluée par Donald Trump, Matteo Salvini ou Marine Le Pen. En Suisse, les réactions politiques sont plutôt rares, sauf à gauche où l'on fustige un président «fasciste».

par
Eric Felley
Photo d'illustration

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Keystone

Peu de politiciens en Suisse ont réagi à l'élection ce dimanche de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil. Le conseiller national Mathias Reynard a déclaré dans un tweet qu'il regrettait «la victoire des puissants, de la haine, du sexisme, du racisme, de l’homophobie et des nostalgiques de la dictature.»

A l'inverse, à l'étranger, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a été parmi les premiers à saluer la victoire: «Bon travail au président Bolsonaro, l'amitié entre nos peuples et nos gouvernements sera encore plus forte.» Marine Le Pen a aussi réagi: «Les Brésiliens viennent de sanctionner la corruption généralisée et la terrifiante criminalité qui ont prospéré sous les gouvernements d’extrême gauche.» Donald Trump a enfin vivement félicité son homologue par téléphone.

«Fascinés par un pouvoir fort»

Au lendemain de l'élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil, tous les sociaux-démocrates peuvent avoir la gueule de bois, comme après l'élection de Donald Trump. «C'est clair que le personnage est un fasciste et je pèse mes mots, réagit Manuel Tornare (PS/GE). C'est inquiétant pour la liberté, Mais l'élection a été démocratique et les partis de centre gauche et de la gauche sont aussi responsables de ce résultat. D'une manière générale, les Brésiliens ont toujours été fascinés par un pouvoir fort.»

Ainsi, le Brésil vient rejoindre les pays qui mettent un gros coup de barre à droite comme la Hongrie, la Pologne, l'Italie ou les Etats-Unis, mais aussi les pays qui ont des régimes autoritaires comme la Russie, la Turquie ou les Philippines. Le monde n'a pas changé ce 28 octobre, mais les recettes de l'excès, de la stigmatisation et de la xénophobie ont montré une fois de plus leur efficacité pour recueillir les suffrages du plus grand nombre.

Le rempart UDC

Dans ce concert de cloches nationalistes, la Suisse demeure cependant un cas à part. Depuis le début des années 2000, l'UDC occupe la place tout à droite de l'échiquier politique. D'une certaine façon, elle fait rempart contre ceux qui sont encore plus à droite... On n'entendra pas l'UDC se féliciter si davantage de personnes portent des armes dans la rue, si les militaires sont appelés à tirer à vue sur les délinquants ou si un parti appelle à «nettoyer» le pays de certaines catégories de personnes.

S'il existe bien une famille des droites nationalistes, l'UDC fait figure de modérée... Depuis qu'elle a lancé son initiative pour l'autodétermination, on n'a jamais entendu autant le parti dire à quel point la législation Suisse contient déjà tous les droits de l'Homme et combien elle les respecte.

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