Vaud: Brigitte Violier: «J'ai vu Benoît apaisé, comme s'il dormait»

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VaudBrigitte Violier: «J'ai vu Benoît apaisé, comme s'il dormait»

Quatre ans plus tard, la Franco-Suisse de 49 ans a donné à «L'Illustré» des détails sur le suicide de son mari. Aujourd'hui encore, ce geste reste un mystère pour elle.

par
Lematin.ch
Brigitte Violier avec le chef étoilé Benoît Violier en février 2012.

Brigitte Violier avec le chef étoilé Benoît Violier en février 2012.

Yvain Genevay

Brigitte Violier se confie sans tabou dans une interview parue dans «L'Illustré», le 26 février dernier. Elle revient sur son mariage avec le chef étoilé Benoît Violier, 45 ans, qui a mis fin à ses jours il y a 4 ans. Ils s'étaient rencontrés en 1996 à Courchevel (F). «Benoît est venu faire une saison dans la station. Nous nous sommes croisés par hasard à travers nos relations. Un soir, lors d'un dîner, j'étais assise à côté de lui. C'était fascinant de l'écouter», se souvient-elle.

Tout au long de l'entretien, la Franco-Suisse de 49 ans raconte sa vie aux côtés du chef étoilé et revient sur le drame qui a eu lieu le 21 janvier 2016. «J'étais à Lausanne avec mon fils, Romain (ndlr: alors âgé de 13 ans), chez des amis proches – lui est aussi mon avocat. Benoît devait partir à Paris pour le club gastronomique Prosper Montagné. J'avais préparé sa valise. Je l'ai quitté à 14h30. Un chauffeur devait le prendre à 15h30. L'avion décollait à 18h. Cela s'est passé pendant cette heure de battement», explique-t-elle, avant de préciser que le chauffeur lui a téléphoné pour l'avertir qu'il n'arrivait pas à joindre son mari. Elle est alors partie le retrouver pour vérifier ce qu'il se passait.

«C'est mon fils, Romain, qui m'a fait tenir»

«Je monte seule à l'étage, j'ouvre la porte de l'appartement et je découvre Benoît par terre. Il était tombé à côté du lit. Il s'était donné la mort avec son fusil de chasse. Il n'y avait plus rien à faire. Je suis restée deux secondes. Et je suis ressortie retrouver mon fils», peut-on lire dans l'hebdomadaire. Elle lui a tout de suite dit qu'«il ne reviendrait pas». «On pleurait de nervosité. C'est Romain qui m'a fait tenir: il avait besoin de moi. Je lui ai dit: «Je suis là. Je ne vais pas partir.» C'était sa grande peur...»

Son premier réflexe a été d'appeler ses amis qui lui ont dit de ne toucher à rien. Ce sont eux qui ont alerté la police. Elle se souvient qu'une partie de son cerveau n'enregistrait pas l'information. «Comme si ce n'était pas réel. Je n'ai pas réagi. Je n'avais rien vu de traumatisant; il n'y avait pas de dégâts sur les murs ou au plafond. Il y avait une odeur et du sang, bien sûr. Mais j'ai vu Benoît apaisé, comme s'il dormait. Le choc est venu après. Je ne l'ai compris que lorsque je suis retournée le voir à la morgue.»

Elle veut désormais réaliser ses rêves

Aujourd'hui, Brigitte Violier ne comprend toujours pas ce geste. Elle assure que tout allait bien pour lui. Même s'il était «surmené. Il avait donné beaucoup d'énergie pendant les quatre années précédentes». Elle confie qu'à travers cet épisode, elle a appris à se connaître. Elle veut désormais penser à elle et au bonheur de son fils.

Brigitte Violier confie également qu'il lui reste tout à faire professionnellement, mais aussi sentimentalement. «Même si Benoît a été l'homme de ma vie. On a toujours en tête l'homme idéal. Je ne sais pas à quoi il ressemblera. Je ne crois pas au prince charmant. J'ai besoin d'une épaule. Quelqu'un qui sache m'écouter», conclut-elle.

FDA

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