UE: Bruxelles et des ONG inquiets du retour au charbon
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UEBruxelles et des ONG inquiets du retour au charbon

L’annonce d’un recours accru au charbon en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, suscite l’inquiétude de la Commission européenne et d’organisations de défense de l’environnement.

Une centrale à charbon allemande.

Une centrale à charbon allemande.

AFP

Bruxelles et des ONG pointent le risque d’un déraillement des ambitions climatiques de l’UE. «Il faut s’assurer que nous profitions de cette crise pour aller de l’avant» dans la transition énergétique, «sans retour en arrière vers les combustibles fossiles polluants», a déclaré la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, dans un entretien à plusieurs médias européens, publié mardi. Elle réagissait à la récente annonce d’un recours accru au charbon en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas. «L’équilibre est délicat à trouver, il n’est pas écrit que nous prendrons la bonne direction», a-t-elle mis en garde.

Les Pays-Bas ont décidé, lundi, la levée complète des restrictions de production électrique au charbon, tandis que Berlin et Vienne ont annoncé dimanche, y recourir davantage, pour compenser la chute des livraisons de gaz russe à l’Europe. «C’est une mauvaise option, conséquence d’une décennie de retard et de négligence, les États ont continué à miser sur les énergies fossiles plutôt que d’investir suffisamment dans les renouvelables», observe Neil Makaroff, de Réseau Action Climat (RAC), une fédération d’ONG environnementales.

«Le risque est de substituer une dépendance à une autre, d’importer du charbon colombien ou australien, du gaz naturel liquéfié américain ou qatari, pour remplacer les hydrocarbures russes», a-t-il expliqué à l’AFP, s’inquiétant que «ces reculs de court terme deviennent des reculs structurels». «C’est préoccupant, même s’il ne s’agit pas de nouveaux investissements dans le charbon mais plutôt de rouvrir ou d’utiliser davantage des centrales existantes. Cela doit rester aussi temporaire que possible», abonde Sam Van den plas, de l’ONG Carbon Market Watch. «L’enjeu, c’est comment ces pays resteront capables de respecter leurs plans d’élimination progressive du charbon» et leur trajectoire de réduction d’émissions de CO2, car «s’il y a davantage d’émissions sur la combustion du charbon, d’autres industries devront réduire davantage les leurs», insiste-t-il. Surtout, note-t-il, cette «solution charbon» ne doit pas inciter à lever le pied sur «l’investissement dans les renouvelables, le stockage, l’efficacité énergétique, la réduction de la demande».

«Vouloir que le charbon nous sauve d’une crise causée principalement par les combustibles fossiles, c’est cogner sa tête contre un mur pour soigner une migraine», s’agace Mark Breddy, responsable de la communication de Greenpeace Europe. Selon lui, la priorité doit être de réduire drastiquement les besoins en électricité, car «d’énormes quantités d’énergie sont gaspillées, de l’industrie à l’agriculture, des transports aux logements» mal isolés.

(AFP)

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