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AutomobilismeBuemi et les Formule E pas bienvenus à Montréal

Alors que le titre de champion du monde se jouera dans la métropole québécoise samedi et dimanche prochains, les Montréalais crient déjà leur ras-le-bol.

par
Emmanuel Favre
Sébastien Buemi et son bolide électrique suscitent bien malgré eux la controverse à Montréal.

Sébastien Buemi et son bolide électrique suscitent bien malgré eux la controverse à Montréal.

AFP

Les deux derniers ePrix de la saison se tiendront samedi et dimanche sur un circuit urbain de Montréal. A ces occasions, le Vaudois Sébastien Buemi, qui mène le championnat du monde avec dix points d’avance sur le Brésilien Lucas Di Grassi, tentera de conserver le titre décroché en 2016.

Mais, à Montréal, ce duel pour le titre ne figure pas parmi les préoccupations des résidents de l’Ile. Là-bas, les habitants considèrent les ePrix comme une aberration dont ils se seraient bien passés.

Radio-Canada bloquée

Voilà plusieurs jours que ce ras-le-bol citoyen est relayé par les médias de la métropole. La construction du circuit, en partie dans le très touristique Vieux-Montréal, enclave plus d’un millier d’habitants depuis près de trois semaines.

«On ne dort plus la nuit», s’énerve une Montréalaise dans La Presse. Les travaux se tiennent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les commerçants, eux, râlent car ils affirment que leur chiffre d’affaire ne cesse de baisser depuis le début des travaux, notamment les restaurateurs qui sont privés de terrasse à la plus belle période de l’année. Certains ont perçu un dédommagement. «Mais cela ne couvrira pas mes pertes», grogne l’un d’eux.

Plus cocasse, Radio-Canada a dû délocaliser une partie de ses locaux car les employés de la télévision publique ne peuvent plus accéder à leur lieu de travail à cause de l’aménagement du circuit.

16,5 millions de fonds publics

Des politiciens et des citoyens s’interrogent aussi sur le bienfondé d’investir 16,5 millions de dollars (environ 12,4 millions de francs) de fonds publics pour la tenue de cet événement. Le débat a pris une telle ampleur que le maire Denis Coderre a été contraint de s’expliquer devant les médias mardi. Mais son argument écologique n’a pas suffi à rassurer les sceptiques.

Ce d’autant plus que, ce mercredi, La Presse dévoile des chiffres étonnants. La ville aurait acheté 160 murets de protection pour le prix de 2182 dollars (1636 francs) l’unité. En comparaison, les murets du circuit Gilles Villeneuve, qui accueille le Grand Prix de Formule 1, ne coûtent que 1101 dollars (826 francs) l’unité.

Comme quoi un Grand Prix réputé silencieux peut faire beaucoup de bruit…

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