Actualisé 24.06.2016 à 13:16

BrexitBurkhalter: «Rien ne change dans l'immédiat»

Le ministre des affaires étrangères a estimé vendredi qu'à court terme le Brexit changera peu de choses pour les relations de la Suisse avec l'UE.

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Le ministre britannique des Finances George Osborne va présenter ludi, avant l'ouvertures des marchés financiers européens, les mesures économiques que le gouvernement entend prendre en réponse au vote en faveur d'une sortie de l'Union européenne.  (Lundi 27 juin 2016)

Le ministre britannique des Finances George Osborne va présenter ludi, avant l'ouvertures des marchés financiers européens, les mesures économiques que le gouvernement entend prendre en réponse au vote en faveur d'une sortie de l'Union européenne. (Lundi 27 juin 2016)

Keystone
Jeremy Corbyn a annoncé lundi qu'il ne démissionnerai pas. Le chef du parti travailliste britannique n'entend pas répondre aux reproches de nombreux collègues de son parti qui jugent qu'il n'a pas fait campagne assez énergiquement pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. D'autres cadres du parti ont pourtant démissionné. (image d'archive)

Jeremy Corbyn a annoncé lundi qu'il ne démissionnerai pas. Le chef du parti travailliste britannique n'entend pas répondre aux reproches de nombreux collègues de son parti qui jugent qu'il n'a pas fait campagne assez énergiquement pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. D'autres cadres du parti ont pourtant démissionné. (image d'archive)

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Le Royaume-Uni pourrait ne «jamais» déclencher sa sortie de l'Union européenne malgré le vote en ce sens, jeudi. C'est en tout cas le «sentiment personnel» d'un diplomate européen requerrant l'anonymat. Cameron a dit laisser à son successeur la tâche d'envoyer cette notification, ce qui repousse d'office ce geste à octobre. (Image prétexte)

Le Royaume-Uni pourrait ne «jamais» déclencher sa sortie de l'Union européenne malgré le vote en ce sens, jeudi. C'est en tout cas le «sentiment personnel» d'un diplomate européen requerrant l'anonymat. Cameron a dit laisser à son successeur la tâche d'envoyer cette notification, ce qui repousse d'office ce geste à octobre. (Image prétexte)

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«Il a toujours été dit qu'il fallait attendre la décision des Britanniques pour envisager d'autres entretiens avec l'UE. Désormais, il est également dans l'intérêt de cette dernière d'oeuvrer à la sécurité du droit avec la Suisse», a déclaré Didier Burkhalter, à l'ats.

Selon lui, il est important tant pour la Suisse que pour l'UE d'évoluer de manière pragmatique, encore plus maintenant qu'avant le référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

Quant aux relations de la Suisse avec le Royaume Uni, le conseiller fédéral estime qu'«il faut rester proactif et constructif. Rien ne change dans l'immédiat.»

«Il faudra cependant trouver des solutions, car ces relations passaient jusqu'ici par le biais des accords avec l'UE et que, à terme, ce ne sera plus le cas», a-t-il ajouté.

La Suisse encore moins prioritaire pour l'UE

La priorité va aller à la Grande-Bretagne pour négocier son retrait de l'Union européenne (UE) tout en préservant certains acquis. Du coup, avec la victoire du Brexit, la Suisse va encore reculer d'un cran sur l'échelle des priorités de l'Union européenne (UE), estime Cédric Dupont, politologue à l'IHEID à Genève.

L'UE va être moins encline à discuter des particularités du cas helvétique. Au contraire, ce sera plutôt une dynamique inverse qui risque de s'installer avec une volonté forte de l'UE de préserver ses éléments clés, comme la libre circulation des personnes, histoire d'éviter une spirale de désintégration, souligne l'expert.

Vote sur les bilatérales

Face à l'incompatibilité entre l'initiative «Contre l'immigration de masse " et le traité sur la libre circulation des personnes, le gouvernement suisse va donc devoir chercher de la flexibilité à l'interne. Au vu du risque de remise en cause de l'ensemble de la voie bilatérale, une solution pourrait consister à poser la question au peuple et aux cantons du maintien ou non de la voie bilatérale.

Dans le cas affirmatif, le gouvernement serait légitimé pour une non mise en uvre de l'initiative pour mettre fin à l'immigration de masse. Mais un tel vote est un pari très risqué, car le vote des Britanniques inspirera certainement de nombreux votants en Suisse.

Jours difficiles

Or après l'échec de l'EEE et celui prédit d'un éventuel vote sur l'appartenance à l'Union, un refus de la voie bilatérale signifierait très probablement la fin de relations économiques et politiques étroites avec l'Union, un suicide économique pour le Suisse en cas de maintien d'une Union sans la grande Grande-Bretagne et d'un ou deux autres petits pays qui pourraient la suivre.

Comme l'histoire l'a déjà largement montré, les temps de crise mettent souvent à mal le particularisme des relations entre Etats. A vouloir trop s'y réfugier, le gouvernement suisse va désormais vivre des jours difficiles.

(ats)

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