28.06.2014 à 20:31

Conflit en UkraineBurkhalter «soulagé» par la libération de quatre autres observateurs

Les rebelles séparatistes pro-russes ont libéré samedi les quatre observateurs de l'OSCE qu'ils détenaient à Lougansk, a annoncé l'organisation.

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Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)

Keystone
De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)

De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)

AFP
Un char endommagé de l'armée ukrainienne abandonné à proximité d'un jardin d'enfants détruit dans le village de Kominternove, dans l'est du pays. (6 septembre 2014).

Un char endommagé de l'armée ukrainienne abandonné à proximité d'un jardin d'enfants détruit dans le village de Kominternove, dans l'est du pays. (6 septembre 2014).

Keystone

Les quatre observateurs - originaires d'Allemagne, des Pays-Bas, de Russie et d'Espagne - sont en «bonne condition», a annoncé l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dans un communiqué.

Ce groupe de trois hommes et une femme a été ramené par des hommes lourdement armés à l'entrée d'un hôtel de Donetsk, la grande ville de l'Est, où il a été pris en charge par des représentants de l'OSCE, selon des journalistes sur place.

«Nous avons libéré les quatre derniers observateurs, qui étaient retenus sur le territoire de la République populaire de Lougansk», a déclaré le «Premier ministre» de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk, Alexandre Borodaï. «Nous considérons que nous avons rempli nos obligations (...) Huit personnes avaient disparu, huit personnes ont été retrouvées», a-t-il ajouté.

Didier Burkhalter «soulagé»

Les dirigeants de l'organisation ont salué cette libération. Son secrétaire général, Lamberto Zannier, a rappelé le «rôle important» joué par la mission spéciale d'observation (SMM) de l'OSCE dans la crise actuelle, et estimé que ce travail est «essentiel pour aider à restaurer la paix et la stabilité en Ukraine».

Le président de la Confédération Didier Burkhalter, président en exercice de l'OSCE, a pour sa part dit espérer que cette libération marque le début d'une amélioration de la situation sécuritaire dans l'est de l'Ukraine. Cela permettrait à la SMM de renforcer son rôle de présence internationale dans le pays.

À travers sa mission d'observation, l'OSCE est prête à contribuer à la mise en oeuvre sur le terrain du plan de paix présenté par le président ukrainien Petro Porochenko, a ajouté le conseiller fédéral, qui avait déjà salué le travail de la SMM plus tôt dans la journée, devant l'assemblée parlementaire de l'OSCE à Bakou.

Décentralisation

Le plan de M. Porochenko prévoit notamment une décentralisation du pouvoir dans l'est russophone de l'Ukraine. Samedi, M. Porochenko a annoncé une réforme constitutionnelle. Les communes disposeront de pouvoir accrus et une part importante des impôts restera dans les régions, a-t-il dit.

Cette réforme tiendra également compte des traditions historiques et culturelles des différents territoires, a-t-il ajouté, en réponse aux revendications d'une plus grande autonomie pour les régions. «Toutefois, l'unique langue officielle était, est et sera la langue ukrainienne», a-t-il martelé, faisant référence aux appels de la minorité russophone d'obtenir un statut officiel pour sa langue.

Menace de sanctions

Dans le même temps, tous les regards sont tournés vers Moscou. L'Union européenne a exigé vendredi que Moscou ouvre des «négociations de fond» avec Kiev sur l'application du plan de M. Porochenko. Elle a donné jusqu'à lundi à la Russie pour prendre des mesures visant à mettre fin à l'insurrection séparatiste, sous peine de sanctions.

De telles sanctions pourraient avoir des «conséquences graves» sur la croissance du pays, a averti le ministre russe de l'Economie, Alexeï Oulioukaev. Selon le scénario le moins optimiste, «la croissance économique pourrait passer gravement en territoire négatif», a-t-il dit.

Sur le terrain, malgré la prolongation vendredi du cessez-le-feu, les incidents se poursuivent. Trois soldats sont morts samedi dans une attaque contre des positions ukrainiennes près de Slaviansk, a annoncé Kiev. Vendredi soir, des rebelles ont par ailleurs pris le contrôle d'une base du ministère de l'Intérieur abritant une usine de munitions à la périphérie de Donetsk.

Dans ce contexte, le ministre ukrainien de la Défense, Mikhailo Koval a haussé le ton samedi. «S'il n'y pas de solution pacifique, nous détruirons les militants» qui refusent de déposer les armes», a-t-il menacé.

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