03.05.2013 à 19:58

Proche-OrientBurkhalter voit «une fenêtre d'opportunité» pour la paix

Il y a actuellement une «fenêtre d'opportunité», un «momentum» susceptible d'aboutir à une reprise des négociations israélo-palestiniennes, a estimé vendredi Didier Burkhalter à Jérusalem.

Didier Burkhalter a rencontre jeudi soir (2 mai) le président palestinien Mahmoud Abbas.

Didier Burkhalter a rencontre jeudi soir (2 mai) le président palestinien Mahmoud Abbas.

Keystone

Le conseiller fédéral a rencontré les principaux acteurs du dossier depuis mercredi soir.

«Nous voulons éliminer tous les obstacles qui se dressent sur le chemin de la paix», a déclaré M. Burkhalter devant la presse à Jérusalem. Il a salué l'initiative de paix que la Ligue arabe a récemment amendée et qui «s'apparente à l'initiative de Genève», que la Suisse avait soutenue.

Le chef du DFAE voit dans la réactivation du processus de paix israélo-palestinien un «intérêt stratégique» pour la Confédération. «La politique étrangère de la Suisse est de parvenir a établir la paix et la stabilité dans les zones proches de l'Europe», donc également au Proche-Orient, une région «en proie à l'instabilité, à la guerre civile en Syrie, aux conflits confessionnels».

Le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a révélé avoir rencontré mercredi, à son arrivée à Tel-Aviv, la ministre israélienne en charge des négociations avec les Palestiniens Tzipi Livni. Celle-ci s'apprêtait à s'envoler pour Washington pour discuter de ce plan de paix arabe avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Soutien à la démocratie directe

Didier Burkhalter s'est aussi entretenu jeudi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Le chef du gouvernement israélien avait alors affirmé qu'il souhaitait organiser un référendum sur un éventuel accord de paix israélo-palestinien. Une mesure à laquelle Tzipi Livni et la gauche notamment sont opposés.

Didier Burkhalter n'a pas souhaité «s'immiscer dans les affaires intérieures d'Israël». Il a toutefois ajouté: «à mon avis personnel, on ne doit pas craindre la démocratie directe. C'est au peuple de se prononcer pour un oui ou un non au projet de paix.»

«Nouvelle relation»

Le chef de la diplomatie helvétique a par ailleurs annoncé la volonté de la Suisse d'ouvrir une «nouvelle relation avec Israël et l'Autorité palestinienne». La Confédération est «en faveur de l'intensification et la structuration du dialogue avec les uns et les autres», a-t-il dit.

Selon lui, les relations entre Berne et Tel-Aviv «ont une bonne base, notamment dans le domaine de la coopération scientifique qui est particulièrement fructueuse». Il a toutefois remarqué qu'il y a des relations tendues entre Israël et le Conseil des droits de l'homme, tout en souhaitant améliorer leur dialogue.

«Concernant l'Autorité palestinienne, il y a aussi une bonne base», a-t-il ajouté, en particulier dans les projets de développement et d'aide humanitaire.

Pas d'augmentation de l'aide

L'enveloppe d'aide de la Suisse à l'Autorité palestinienne se situe depuis des années à hauteur de 21 millions de francs suisses. Une éventuelle augmentation de ce montant est «à l'étude à Berne», a précisé Didier Burkhalter.

Dans l'après-midi, le chef du DFAE devait se rendre à Hébron pour y rendre visite à la Présence temporaire internationale (TIPH), une force d'observateurs postée dans cette ville du sud de la Cisjordanie. Cette force comprend trois Suisses.

Samedi, Didier Burkhalter visitera une coopérative de production d'olives et de tomates dans les Territoires palestiniens, bénéficiant de l'aide de la Direction du développement et de la coopération (DDC). Sa visite s'achèvera dimanche par une visite au président israélien Shimon Perès.

(ats)

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