Editorial: Bye bye le masque, mais continuez à prendre soin de vous!

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ÉditorialBye bye le masque, mais continuez à prendre soin de vous!

Dès le début, les virologues ont prédit qu’une pandémie, cela durait deux ans, mais personne n’avait envie de les entendre.

par
Eric Felley
Le Conseil fédéral Alain Berset voit enfin le bout du tunnel avec le retour à une situation normale dès vendredi.

Le Conseil fédéral Alain Berset voit enfin le bout du tunnel avec le retour à une situation normale dès vendredi.

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Le 9 février dernier, dans un énième communiqué vengeur à propos de la pandémie, l’UDC du président Marco Chiesa titrait son message à l’intention du ministre de la Santé: «Monsieur Berset, lâchez-nous enfin la grappe!» C’est chose faite, au premier avril, et ce n’est pas un poisson, la grappe est lâchée. Et le Tessinois ne croyait pas si bien dire, car «cluster» en anglais signifie en fait la «grappe» du fruit.

Dorénavant, nous allons un peu oublier ces mots qui nous ont accompagnés durant cette période: cluster, cas contact, solutions hydroalcooliques, syndrome respiratoire aigu sévère, chloroquine, distanciation sociale, asymptomatique, présentiel, comorbidité, geste barrière, test PCR, vaccin ARN, protéine Spike, Omicron ou quarantaine. Mais nous allons garder la formule «Prenez soin de vous», car elle peut encore servir.

«Restez chez vous!»

Combien de fois, en deux ans, les espoirs ont été douchés par la progression de la pandémie? Combien de fois Alain Berset a-t-il dit qu’il fallait «rester humble» ? Que le Conseil fédéral faisait tout son possible? Combien de polémiques sur le traçage, le certificat, le vaccin ou la dictature sanitaire? Combien de mercredi à attendre les décisions du Conseil fédéral? À attendre des fermetures brutales ( «Restez chez vous!» ) ou des ouvertures par paliers trop prudentes? Combien de colères aussi, parce que cela n’allait pas assez vite?

La réponse à toutes ces questions est: beaucoup trop! Pourtant, après le confinement général de mars 2020, beaucoup pensaient qu’au mois de mai suivant, on n’en parlerait plus du coronavirus. L’été 2020 fut d’ailleurs léger. Mais à l’automne le variant Delta a sonné la charge et l’hiver 2020-2021 a été dur en attendant les fameux vaccins. Le Moderna et le Pfizer se sont répandus dès janvier. Mais les Suisses se sont montrés plus rétifs au vaccin que l’espérait l’OFSP. Surtout en Suisse centrale!

Semaine nationale de vaccination

Cette pandémie a été riche de tant d’événements. Tout le monde se souvient de la fameuse Semaine nationale de vaccination du 8 ou 14 novembre derniers et la tournée de concerts «Back on Tour». Certains ont soupçonné les antivax d’avoir saboté ces soirées en réservant toutes les places. Un grand moment… Aujourd’hui, les 69% de la population sont doublement vaccinés et 42% ont fait le rappel. L’immunité de la population est finalement grande, grâce tous ceux qui ont été infectés, même avec trois doses de vaccin.

Comme la prise du Capitole

On se souvient aussi de la manifestation du 16 septembre sur la place Fédérale, qui ressemblait à la prise du Capitole par les partisans de Donald Trump. Cela nous a fait connaître en Suisse romande les «Freiheitstrychler», les «sonneurs de cloche de la liberté», dont Ueli Maurer a porté les couleurs. Toutefois, les premiers héros et héroïnes de cette pandémie, ne sont pas à chercher chez les politiques, mais parmi le personnel de santé, aides soignantes, laborantins, infirmières ou médecins. La pandémie a causé plus de 13’000 décès et quelque 50’000 hospitalisations. Plus de 15 millions de vaccins ont été administrés et 20 millions de tests effectués.

«Comme n’importe quelle grippe»

Dorénavant le Covid-19 sera surveillé comme n’importe quel virus de la grippe. C’est ce que demandaient certains au début déjà. On peut rappeler ici les propos du conseiller d’État vaudois Philippe Leuba sur la «RTS» le 4 mars 2020, qui dénonçait «une psychose généralisée entretenue par des décisions irréfléchies»: «Pour la population qui n’est pas à risque, disait-il, on guérit du coronavirus en 4 à 5 jours à travers une prise de Dafalgan, comme n’importe quelle grippe.» Il avait raison, mais deux ans trop tôt.

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