Tennis: C'est arrivé un 7 juin: Federer et Wawrinka rois de Paris
Publié

TennisC'est arrivé un 7 juin: Federer et Wawrinka rois de Paris

En 2009 et 2015, à chaque fois le 7 juin, Roger Federer et Stan Wawrinka remportèrent leur seul et unique titre à Roland-Garros. Inoubliable.

par
Sport-Center
Stan Wawrinka et Roger Federer l'année dernière lors de leur quart de finale à Paris.

Stan Wawrinka et Roger Federer l'année dernière lors de leur quart de finale à Paris.

Keystone

Il était tout juste 17 heures et 8 minutes en ce 7 juin 2009 lorsque Roger Federer tomba à genoux, en larmes, et la tête entre ses mains, après voir converti sa première balle de match face au Suédois Robin Söderling, 23e joueur mondial à l’époque.

Un combat de 1h55’ pour entrer dans l’histoire du tournoi de Roland-Garros en y remportant son premier et unique titre à ce jour. Un long voyage vers la consécration après trois défaites de rang en finale à Paris, en 2006, 2007 et 2008, à chaque fois contre l’Espagnol Rafael Nadal. «C'était beau de le voir enfin gagner à Paris, sur une surface qui lui convient beaucoup moins que le gazon, se souvient Christiane Jolissaint, ancien joueuse professionnelle et actuelle vice présidente de Swiss Tennis. Bien sûr, dans notre imaginaire, une victoire contre Nadal ou Djokovic aurait été plus prestigieuse, mais n'oublions pas qu'il est tellement difficile d'aller jusqu'au bout dans un tel tournoi.»

Les larmes de Federer durant l’hymne national après son sacre à Roland-Garros

Le 7 juin 2009, Federer égalait du même coup le record de Pete Sampras en décrochant un 14e titre majeur et en devenant le sixième joueur de l’histoire à réussir un Grand Chelem, quelques semaines avant son 28e anniversaire.

Les «Une» des journaux du monde entier saluèrent, dans la foulée, ce champion hors normes. «Dans la légende», avait ainsi titré la «Tribune de Genève», «Le Maestro» pour le quotidien« L’Equipe». «Sublime» selon «Le Matin» de l’époque, qui avait écrit que «touché par la grâce, Federer a gagné pour notre plus grand bonheur. Il l'a fait aussi pour que l'on puisse partager avec lui ces larmes magnifiques. Il n'est pas seulement le meilleur joueur de tennis de tous les temps. Il est l'incarnation de son sport, qu'il élève à des hauteurs jusque-là inconnues».

Le journal «24 Heures» alla même encore un peu plus loin en affirmant que «Roger Federer est cet homme qui nous fait du bien, et donc nous rend meilleurs. Il distille de la joie et de la classe dans nos vies parfois monotones».

Les plus beaux points de la finale 2009

Au tour de Wawrinka

Six ans après le sacre de Federer, en 2015, ce fut au tour de Stan Wawrinka de triompher à Paris un 7 juin. Le Vaudois, vêtu de son inoubliable short à carreaux qui aura suscité le débat durant la quinzaine parisienne, y remporta son deuxième tournoi du Grand Chelem après sa victoire à Melbourne en 2014. «Il y avait beaucoup de tension et d'émotion dans ce match, se rappelle Christiane Jolissaint. A l'inverse de la victoire de Federer en 2009, on s'attendait un peu moins à un succès de Wawrinka cette année-là. Cette victoire à Paris pour Stan, c'était la consécration de son travail acharné. Son attitude de battant a inspiré beaucoup de jeunes. Pour gagner et aller au bout, il a dû aligner les performances. Il a confirmé ce jour-là qu'il était un très grand joueur.»

En 2015, Stan Wawrinka domina Novak Djokovic, le numéro un mondial, en finale.

En 2015, Stan Wawrinka domina Novak Djokovic, le numéro un mondial, en finale.

Sur la terre battue de Roland-Garros, le Romand, impressionnant, n’égara que trois sets durant tout le tournoi et s’offrit même le luxe de sortir Roger Federer au stade des quarts de finale 6:4 6:3 7:6. En finale, «Stan the Man» domina le numéro un mondial, Novak Djokovic, en quatre sets 4:6 6:4 6:3 6:4 avant d’entrer à son tour dans l’histoire des internationaux de France.

«Le monde est Stan», titra «L'Equipe» dans son édition du lendemain. Le quotidien sportif souligna que le Vaudois a été «plus fort que la machine», comprenez Novak Djokovic, numéro 1 mondial au bilan de 42 victoires pour seulement 2 défaites avant la finale de Roland-Garros.

Le «New York Times» rappela que la victoire de Stan Wawrinka a démontré à tout le monde que Roland-Garros «ne suit pas toujours le scénario prévu. Bien que souvent considéré comme un marathon-man, Wawrinka n'a pas eu besoin de match en 5 sets cette année», écrivit le quotidien américain. Pour «Le Monde», Stan Wawrinka est tout simplement un «vainqueur stupéfiant». «Wawrinka a splendidement fait mentir les statistiques», applaudit le quotidien français, en rappelant que le Vaudois était largement mené dans ses confrontations face à Djokovic. Le journal «Le Matin» rendit aussi un vibrant hommage au Vaudois: «aucun joueur n'a remporté deux tournois du Grand Chelem sans avoir quelque chose de spécial. Peu importe quoi: un talent, une personnalité, une bravoure, une différence. Un truc en plus. Une grandeur.»

Pour «Le Temps», le triomphe de Wawrinka, reconnu pour son attitude de battant, est une source d’inspiration pour la relève du tennis suisse. «S’il est difficile pour un jeune de s’inspirer de son jeu – car tout le monde ne possède pas sa frappe de balle – chaque junior peut se servir de l’exemple de cet enfant de la campagne du Gros-de-Vaud qui, tout seul, tapait des balles contre la porte de la grange jusqu’à la tombée de la nuit. Cela peut parfois mener très loin, au panthéon du tennis mondial, comme ce dimanche à Paris».

Repoussé à l’automne en raison du coronavirus, le tournoi de Roland-Garros 2020 aurait initialement dû voir sa finale se dérouler le… 7 juin. Il faudra patienter jusqu’en 2026 pour que cette date porte-bonheur pour le tennis suisse coïncide de nouveau un dimanche de finale à Paris.

Sport-Center

Votre opinion