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footC1 - Manchester: Moyes a un petit air du Ferguson cuvée 1989 (MAGAZINE)

Avant le déplacement européen mercredi à Donetsk, l'entraîneur David Moyes, plombé par le pire départ de Manchester United depuis 24 ans, se trouve dans la même position inconfortable que son prédécesseur Alex Ferguson qui avait dû surmonter l'épreuve en 1989 pour entrer dans la légende.

A l'époque, "Sir Alex" n'existait pas encore et après six journées, son équipe se trainait à la 11e place avec 7 points et avait été humiliée (5-1) par le rival Manchester City. Largement battus il y a dix jours également par City (4-1), les Mancuniens sont aujourd'hui 12e avec le même bilan de deux victoires, un nul, trois défaites. Pourtant, et c'est ce que doit retenir l'ancien technicien d'Everton de ce bégaiement de l'histoire, Ferguson, avant de finir la saison à la 13e place, avait été maintenu par ses dirigeants alors que le peuple rouge voulait sa tête. "Sans Ferguson, MU est redevenu ordinaire", a ainsi rappelé sur la BBC l'ex-buteur anglais Alan Shearer soulignant ainsi le fossé entre les deux entraîneurs. "Il est trop tôt pour dire que l'on assiste à la fin d'un empire à Old Trafford mais le signal d'alarme est tiré, estime de son côté l'ancien défenseur des Reds Alan Hansen. Cela ressemble au Liverpool de 1990 qui était aussi une équipe vieillissante." Avec un calendrier infernal (MU a déjà joué contre Chelsea, Liverpool et City) et les blessures de Rooney en août puis de van Persie en septembre, Moyes, sous le feu des critiques, n'a pas été épargné par la poisse. Mais comme Ferguson à l'époque, l'ordre de mission des propriétaires mentionne avant tout le nouveau cycle que Moyes doit initier. Baines et Herrera cet hiver ? Selon les médias anglais, la famille Glazer, qui possède le club, est parfaitement consciente de la mutation que doit subir l'équipe et du temps que cela pourrait prendre pour dégager de nouveaux cadres. Et si les Red Devils ont facilement été champions au printemps, les propriétaires américains savent pertinemment que les succès de demain ne s'écriront donc pas avec les hommes d'hier. C'est aussi pour cette raison qu'ils ont fait signer un bail de six ans au technicien écossais, et qu'il s'apprêtent à tordre leurs convictions en investissant massivement cet hiver, après un mercato estival qui n'a pas été un franc succès avec de nombreux refus et la seule arrivée de Fellaini le dernier jour. Après la claque contre City, Moyes, dépité, avait ainsi réclamé "un ou deux joueurs de haut niveau" pour faire bonne figure. Pour remporter la C1, il avait même estimé qu'il lui en fallait plutôt "cinq ou six". Comme cet été, il devrait courtiser Leighton Baines (Everton) et Anders Herrera (Bilbao). "En 96, nous aussi avions changé de manageur, se souvient encore Shearer, champion l'année d'avant avec Blackburn. Il voulait donner leur chance aux joueurs en place, il n'avait pas recruté assez et ça n'avait pas marché." S'il atteint l'hiver, Moyes va pourtant devoir forcer sa nature pour réussir son propre sauvetage. Réputé consciencieux, il a aussi été recruté pour ses qualités de manageur peu dépensier. Ce qui lui a déjà joué un tour puisqu'il a refusé de monter de quelques millions d'euros son offre estivale pour atteindre la clause libératoire du milieu basque. Travailleur, il s'était ainsi spécialisé à Everton sur des marchés de joueurs peu concurrentiels et ses premiers choix anglais affichés sur le mur de son bureau avaient tous moins de 26 ans. Mais cette méthode ne peut convenir à un club du calibre de MU. Moyes doit apprendre à penser "grand" avant Noël, sous peine de retourner à l'étage du dessous. cd/nip/dhe

(AFP)

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