Football: «Ça n'aurait servi à rien de virer Rahmen»

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Football«Ça n'aurait servi à rien de virer Rahmen»

Jeune directeur sportif du FC Aarau, qui est attendu par Xamax en barrage aller ce soir (19h), Sandro Bürki (33 ans) explique pourquoi il n'a pas limogé son entraîneur en octobre.

par
Renaud Tschoumy
Sandro Bürki: le directeur sportif du FC Aarau aura-t-il encore le sourire après le barrage aller de ce jeudi soir?

Sandro Bürki: le directeur sportif du FC Aarau aura-t-il encore le sourire après le barrage aller de ce jeudi soir?

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Sandro Bürki, si on vous avait dit à fin octobre qu'Aarau serait barragiste, quelle aurait été votre réaction?

Je ne vous aurais pas cru, évidemment. A ce moment-là de la saison, on était au plus bas (ndlr: 4 points en 11 matches, soit presque au tiers du championnat). Je ne sais pas à quoi attribuer ce mauvais départ: l'équipe me semblait en place, elle avait fait une bonne préparation et nous avions des ambitions. Mais dès que la compétition a commencé, ça a été catastrophique. Alors à fin octobre, le mot «barrage» n'existait plus chez nous.

Par quels sentiments étiez-vous alors habité?

On se sentait mal, c'est évident. Et on se posait des questions, beaucoup de questions. Mais en même temps, on voyait que l'équipe continuait de travailler, et même de bien travailler. C'était d'autant plus dur à accepter.

Beaucoup de dirigeants auraient actionné le couperet et limogé leur entraîneur, mais pas vous. Pourquoi?

Cela n'a jamais été une éventualité que nous avons envisagée. Quant à vous dire pourquoi... C'est vrai que normalement, avec un tel bilan, un entraîneur est renvoyé. Et je comprends parfaitement que certains de mes collègues directeurs sportifs aient agi dans ce sens. Mais, comme je vous l'ai dit, on voyait que l'équipe continuait de bien travailler avec Patrick Rahmen, que lui-même s'investissait beaucoup aussi. Nous traversions une période agitée, c'est sûr, mais j'étais convaincu que nous n'avions pas besoin de changement pour que la roue tourne. Chaque situation est particulière, et peut-être qu'une autre fois, j'aurai un ressenti différent. Mais là, je sentais que cela ne servirait à rien de changer. En fait, on a toujours eu la situation sous contrôle.

Facile à dire, maintenant qu'Aarau a réussi à décrocher cette deuxième place...

(Il rit) Oui, c'est juste. Mais je ne fanfaronne pas pour autant. Nous sommes tous conscients au sein du club que nous revenons de très, très loin.

Quand vous êtes-vous dit que les barrages pouvaient de nouveau être d'actualité?

A la pause hivernale (ndlr: sixième avec 23 points, Aarau ne comptait plus que huit points de retard sur le deuxième, Winterthour). Là, on s'est dit que c'était peut-être encore possible. Mais cela passait par un incroyable deuxième tour. Il fallait aussi que tout joue en notre faveur, les résultats de nos adversaires aussi. Nous étions loin d'être maîtres de notre destin. Alors, sans nous poser de questions, on a commencé à remonter, match après match.

Et vous y êtes arrivé, puisque votre équipe est attendue ce jeudi soir par Xamax en barrage aller. Dans quel état d'esprit vous sentez-vous?

On se réjouit, évidemment, même si l'on sait que cela sera dur. En plus, nous devrons jouer ce premier match sans trois, voire quatre joueurs importants (le défenseur Nicolas Schindelholz, le demi Olivier Jäckle et l'attaquant Marco Schneuwly, tous suspendus, et peut-être le meneur de jeu Markus Neumayr, incertain après s'être blessé au genou dimanche). Mais la pression n'est pas sur nous. Le favori est clairement Xamax.

Vous dites cela pour ne pas devoir assumer la pression de ces barrages?

Le fait d'être outsider ne me dérange pas, c'est un fait. Mais c'est aussi la réalité: le club de Super League, c'est Xamax. Lui, il doit remporter ces barrages. Nous, on a le droit de le faire. C'est toute la nuance.

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