16.12.2016 à 17:59

FranceCampement de migrants évacué aux portes de Paris

La préfecture a décidé de ne plus laisser s'installer des villages de tentes. Vendredi, elle a vidé une zone à Saint-Denis.

Plus de 300 migrants ont été évacués vendredi à Saint-Denis (F) d'un campement établi à quelques centaines de mètres du centre d'accueil ouvert il y a un mois à Paris. L'opération visait à éviter la reconstitution de nouveaux villages de tentes.

Aux alentours de 9h30, Soudanais, Afghans et Erythréens, pour la plupart, répartis dans 270 tentes, ont commencé à rassembler leurs affaires dans le calme, a constaté une journaliste de l'AFP. L'opération a duré une heure.

Entre 700 et 750 migrants avaient été recensés, un total de 222 personnes ont été mises à l'abri, a indiqué la préfecture de Seine-Saint-Denis dans un communiqué.

Accueilli dans des gymnases

Les migrants ont été transportés en bus vers trois gymnases d'une capacité de 100 places chacun, qui avaient été réquisitionnés à Pantin, Saint-Denis et Paris. La préfecture précise que les migrants verront «ensuite leur situation administrative individuelle examinée, puis seront réorientés vers des structures d'hébergement adaptées à leur profil».

«J'ai risqué ma vie pour venir ici. J'ai traversé la Libye et la mer pour retrouver mes droits», a raconté à l'AFP Khaled Abdallah, un Soudanais de 22 ans, manifestement soulagé à la perspective de sa prise en charge. «Après tout ce que j'ai enduré, je ne m'attendais pas à ce que se soit aussi dur», dit-il, évoquant le «froid» mais surtout «l'humidité». Un Afghan s'inquiète: «On va pas nous reconduire à la frontière?»

L'évacuation a été décidée pour «des raisons de salubrité et de sécurité» compte tenu de l'emplacement des tentes sur le terre-plein central de la nationale qui traverse Saint-Denis, a expliqué la préfecture.

Démantèlements en série

Elle survient un peu plus d'un mois après l'ouverture à Paris d'un centre d'accueil pour migrants, à l'initiative de la maire Anne Hidalgo, destiné notamment à mettre fin aux incessantes reconstitutions de campements sauvages à mesure qu'ils étaient démantelés, dans le nord de la capitale.

Cette ouverture avait été conditionnée par l'évacuation du plus grand campement de migrants parisien installé place Stalingrad, dans le nord-est de la capitale.

Le village de tentes, qui comptait alors plus de 3800 personnes, avait été évacué le 4 novembre, dans la foulée du démantèlement de la «Jungle de Calais» où se trouvaient un peu plus de 7000 migrants qui ont été mis à l'abri.

Théâtre d'une trentaine de démantèlements depuis plus d'un an, le nord de Paris n'a pas vu se reformer de tels campements depuis l'ouverture du centre d'accueil le 10 novembre.

Les files d'attente s'allongent

D'après plusieurs témoignages recueillis par l'AFP, certains migrants se sont installés à Saint-Denis après avoir tenté, sans succès, d'être accueillis dans le centre parisien situé à seulement une centaine de mètres, porte de la Chapelle.

Si ce centre a déjà hébergé 1500 personnes dans des conditions optimales, face à l'allongement des files d'attente, les bénévoles dénoncent un sous-dimensionnement du projet.

Pour répondre à cette saturation, la préfecture de région a évoqué une extension de 150 places. Au départ doté de 400 lits, le centre parisien accueille les migrants quelques jours, avant de les répartir en Centre d'accueil et d'orientation (CAO) à travers la France.

Le campement de Saint-Denis risquait également de grossir si les mineurs de Calais, hébergés dans des centres en régions, préféraient partir après le rejet de leur demande de transfert en Grande-Bretagne.

(AFP)

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