Politique: Canada: les Proud Boys placés parmi les groupes terroristes
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PolitiqueCanada: les Proud Boys placés parmi les groupes terroristes

Le gouvernement de Justin Trudeau, qui qualifie l’organisation suprémaciste de «néofasciste», l’a ajoutée à sa liste noire des entités politiques violentes.

Le Canada a affirmé mercredi que les membres des Proud Boys «épousent des idéologies misogynes, islamophobes, antisémites, anti-immigrés et/ou suprémacistes blanches».

Le Canada a affirmé mercredi que les membres des Proud Boys «épousent des idéologies misogynes, islamophobes, antisémites, anti-immigrés et/ou suprémacistes blanches».

AFP

L’organisation «néofasciste» des Proud Boys et douze autres groupes ont été ajoutés à la liste noire des entités terroristes au Canada, a annoncé mercredi le Ministère de la sécurité publique. Il s’agit, selon le ministère, «d’une organisation néofasciste qui se livre à la violence politique» et dont les membres «épousent des idéologies misogynes, islamophobes, antisémites, anti-immigrés et/ou suprémacistes blanches».

Fondés en 2016 et présents au Canada, aux États-Unis et dans d’autres pays, les Proud Boys ont «joué un rôle central dans l’insurrection» du 6 janvier au Capitole de Washington, indique le ministère dans un communiqué. Ils compteraient plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de membres en Amérique du Nord et seraient présents dans toutes les grandes villes du Canada, a indiqué à la presse un responsable gouvernemental, sous couvert de l’anonymat.

Interrogé pour savoir si ce groupe représentait «une menace sérieuse et actuelle à la sécurité du Canada», Bill Blair, ministre de la Sécurité publique, a répondu «oui». «Il y a de plus en plus de preuves (…) de l’escalade de violences dans laquelle ce groupe a été impliqué», a-t-il justifié lors d’une conférence de presse. Avant d’ajouter: «Nous surveillons les activités de ce groupe avec beaucoup de préoccupation depuis 2018.» Une attention qui s’est renforcée depuis l’élection présidentielle américaine, a-t-il expliqué.

Néonazis, Al-Qaida et EI

Parmi les autres groupes ajoutés à la liste noire figurent la Division Atomwaffen, décrite comme un «groupe terroriste international néonazi», le Mouvement impérial russe, «groupe nationaliste établi en Russie», et The Base, groupe «néonazi» fondé en 2018. Le reste des organisations inscrites sont affiliées à Al-Qaida – comme Ansar Dine ou le Front de libération du Macina, tous deux actifs au Mali – ou à l’État islamique et ses branches en Asie de l’Est, au Grand Sahara ou en Libye.

«Compte tenu de leurs actions et de leurs idéologies», le ministère estime qu’il existe «des motifs raisonnables de croire» que ces groupes ont «sciemment participé» ou «facilité» une «activité terroriste». Cette inscription ne signifie pas pour autant que ces groupes ont «commis un crime», mais ils s’exposent à voir leurs «biens saisis, bloqués ou confisqués», explique le ministère sur son site.

La liste noire canadienne comprend désormais plus de 70 entités dont Al-Qaida, le Hezbollah, les talibans ou le groupe État islamique.

(AFP)

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