Hockey sur glace: Canada - Suisse: qui va gagner? Notre débat
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Hockey sur glaceCanada - Suisse: qui va gagner? Notre débat

Ce jeudi, à 16 h 15, les joueurs à la feuille d'érable et à croix blanche seront opposés en quarts de finale des Mondiaux, à Kosice. Qui compostera son billet pour les demi-finales. Deux de nos journalistes en débattent.

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Sport-Center

LA SUISSE. Elle a le talent et la vitesse, le Canada a l'arrogance

Emmanuel Favre, chef de la rubrique sportive

Dans la colonne de gauche, mentionnons les éléments où les Canadiens semblent mieux outillés que les Suisses: un sélectionneur plus expérimenté et plus roublard (Alain Vigneault), un gardien plus talentueux (Matt Murray), un avantage numérique démoniaque (52,63% d'efficacité). Et c'est tout.

Dans la colonne de droite, listons les petits et les gros atouts de la Suisse dont ne dispose pas le Canada: un premier bloc de haut format international qui a suffisamment d'expérience pour élever son niveau de jeu dans un duel «à la vie, à la mort», plusieurs individualités dotées d'un talent hors normes (Josi, Hischier et Niederreiter) et capables de dénouer une impasse, des joueurs de rôles qui assument leur rôle sans rechigner, de la vitesse, beaucoup de vitesse, un esprit d'équipe dans le sens noble de l'appellation. Et ce n'est pas pas tout.

L'aspect psychologique, si important avant de tels duels, penche également en faveur des hockeyeurs à croix blanche.

Même s'ils ont pris l'habitude de taquiner et de battre le Canada aux Championnats du monde, les Suisses ne commettront pas l'erreur de sous-estimer leurs adversaires.

En revanche, les Canadiens, dont l'ossature de la sélection change chaque année en fonction des péripéties du championnat et des play-off de NHL, auront toujours cette petite arrogance qui conduira à leur perte.

Pour eux, la Suisse demeure un petit pays niché quelque part en Europe où, paraît-il, le chocolat est délicieux et où le hockey est une activité marginale.

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LE CANADA. Il manque un petit quelque chose à la Suisse

Grégory Beaud, envoyé spécial à Kosice

L'an dernier au Danemark, cette équipe de Suisse maîtrisait un point capital: le power-play. Et lorsque une sélection moins forte veut réaliser un exploit (ce qui est le cas aujourd'hui), elle doit absolument pouvoir compter sur cette situation spéciale. En Slovaquie, Patrick Fischer et ses hommes n'ont toujours pas trouvé la bonne recette pour que le jeu de puissance ne soit pas réduit à «2 minutes au cours desquelles l'adversaire sera moins dangereux pour nous». Il y a certes des lueurs d'espoir concernant cette partie bien spécifique (l'arrivée de Nino Niederreiter en est une).

Mais un second aspect vient également faire douter d'une participation suisse aux demi-finales: la force du Canada. En Suisse, Nino Niederreiter et Nico Hischier sont des stars. Des leaders. En face, les Sean Couturier, Mark Stone et Jonathan Marchessault sont au moins aussi bons que les fers de lance de la troupe de Patrick Fischer. Mais derrière ces têtes de gondoles, les autres membres de la sélection à la feuille d'érable forment une équipe plus compacte. «L'année dernière aussi», me rétorquerez-vous.

Justement! Battus par les Suisses en demi-finale du dernier mondial, les Canadiens ne se feront (hélas) pas surprendre une seconde fois de suite par une nation qu'ils ont eu trop longtemps pour habitude de regarder avec un œil complaisant. Cela n'arrivera pas cette année, même si une issue positive pour la Suisse de Patrick Fischer serait, évidemment, une magnifique surprise. Mais une surprise tout de même.

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