Prévention: Cancer du sein, le dépistage paie

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PréventionCancer du sein, le dépistage paie

Si la mammographie peut entraîner des effets secondaires, elle sauve surtout des vies. Un message qui passe bien en Suisse, contrairement à la France.

par
Pascale Bieri

Les gynécologues français tirent la sonnette d'alarme. Car, disent-ils, le dépistage du cancer du sein aurait diminué «de façon historique» ces derniers mois. La faute aux multiples polémiques qui entourent cet examen. Résultat: les spécialistes verraient arriver des patientes avec des tumeurs à un stade plus avancé qu'auparavant. Car, en France comme en Suisse, on entend beaucoup de choses autour du dépistage.

Par exemple, que l'irradiation de la mammographie peut elle-même provoquer un cancer. Autre critique: le risque de surdiagnostic, c'est-à-dire la détection et l'ablation de cellules qui n'auraient jamais évolué en cancer, ou trop lentement pour causer la mort de la patiente.

Des arguments que Béatrice Arzel, directrice de la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer, ne conteste pas. «Comme tout examen, la mammographie peut avoir des effets secondaires. Par exemple, des «faux positifs», c'est-à-dire des images douteuses qui vont entraîner des examens complémentaires et de l'angoisse, pour aboutir finalement à un diagnostic négatif. Mais il faut aussi savoir que les dernières études montrent une baisse de la mortalité de 25% chez les femmes qui se font dépister.»

Cependant, les polémiques n'ont pas épargné la Suisse: il y a trois ans, un rapport du Swiss Medical Board (un institut zurichois) remettait fortement en cause les bénéfices de cet examen préventif. «Cela a eu un impact en Suisse alémanique. Certains cantons ont mis un frein à leur programme de dépistage, voire y ont renoncé. Mais en Suisse romande, l'effet a été très modéré. Des femmes posaient des questions, mais on n'a pas enregistré de baisse», poursuit la doctoresse.

À Genève, une récente étude a ainsi montré que 86% des femmes, âgées de 50 à 69 ans, avaient fait une mammographie au cours des quatre dernières années, que cela soit à titre privé ou dans le cadre d'une campagne organisée. Aujourd'hui, la Suisse compte dix programmes de dépistage, notamment dans l'ensemble de la Suisse romande. Globalement, «le nombre de décès ou de patientes gravement mutilées est en diminution», souligne Ewa Mariéthoz, responsable qualité pour Swiss Cancer Screening.

Quant au mot d'ordre actuel en matière de dépistage, il est actuellement à «l'information honnête» et à la responsabilité individuelle. «À chacune de choisir, en fonction de sa vision du monde et des risques qu'elle est prête à assumer», conclut Béatrice Arzel.

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