Cinéma: Candice Bergen: «J’ai mis le feu à Gstaad»
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CinémaCandice Bergen: «J’ai mis le feu à Gstaad»

À 72 ans, l'actrice revient avec sa série culte, «Murphy Brown», et un film, «Book Club», avec Jane Fonda. L’occasion pour elle d’évoquer sa folle jeunesse en Suisse.

par
Henry Arnaud
Hollywood

Candice Bergen et Mary Steenburgen en interview à Hollywood avec notre journaliste Henry Arnaud.

Quand elle apprend que notre interview est pour «Le Matin», l’Américaine Candice Bergen est aux anges: «C’est génial! Je voyais votre journal partout quand j'étais ado en Suisse. Je le lisais pour apprendre le français!» À 72 ans, l’actrice effectue son grand retour. À la télévision, bientôt. Et au cinéma, où, dès le 6 juin, elle sera à l’affiche de «Book Club» avec Jane Fonda et Diane Keaton.

Après notre interview vidéo en compagnie de sa partenaire à l'écran, Mary Steenburgen, Candice Bergen s'est confiée plus longuement à notre journaliste.

Candice, commençons par parler de la Suisse. Quels sont vos meilleurs souvenirs?

J’ai étudié à Gstaad. La Suisse, c’est l'année la plus folle et la plus sympa de ma jeunesse car j’y étais en pension à l’école Montesano, où j’ai appris le français. J’étais avec des filles qui venaient des quatre coins du monde. Nous avions un enseignement strict, mais cela ne nous empêchait pas de faire mille et une bêtises… J’avais 14 ans à mon arrivée à Gstaad. Les gens de la station étaient toujours sympas, même quand nous étions turbulentes.

Êtes-vous revenue en Suisse récemment?

Oui, je suis retournée à Gstaad pour mon voyage de noces avec mon dernier époux, Marshall Rose (ndlr: un riche propriétaire immobilier). Je voulais lui montrer les lieux de ma jeunesse. Et je suis très reconnaissante envers les autorités de votre pays qui ne m’ont jamais arrêtée à la frontière.

Pardon?

J’ai démarré un feu dans l’Hôtel Olden de Gstaad quand j’étais étudiante. Ce n’était pas intentionnel et il n’y avait pas eu de gros dégâts. Mais j’aurais pu le réduire en cendres par ma bêtise. Les propriétaires avaient dû évacuer tout le restaurant. Il y a des pays où j’aurais fini en prison pour ça, ou bien où on m’aurait expulsée! Les Suisses ont été très compréhensifs. Voilà pourquoi je reviens toujours avec plaisir. Les Suisses sont parmi les peuples les plus cool du monde!

À quand votre prochain séjour chez nous?

Rien de prévu. Je connais Gstaad par cœur, mais je n’ai pas souvent été à Genève. Ma famille connaissait bien les Chaplin, donc la région de Lausanne a aussi une place spéciale dans mon cœur. Mais cela ne date pas d’hier. J’imagine que tout a beaucoup changé.

Parlons de votre retour au cinéma, «Sex & the City à 70 ans», est-ce une bonne manière de décrire votre comédie «Book Club»?

J’aime bien cette image car elle donne une bonne idée de ce que les spectateurs peuvent s’attendre à voir. Nous sommes quatre femmes dans l’âge d’or, comme on dit. L’une d’elles est devenue veuve après 40 ans de mariage. Les quatre amies vont se mettre à lire «50 nuances de Grey» et reprendre goût à une vie sexuelle épanouie.

Comment décrire votre personnage de Sharon?

C’est une juge fédérale qui a un grand succès dans sa carrière mais aucune vie sexuelle. Elle se croit trop vieille pour la galipette et vit seule avec son chat. Avoir un groupe d’amies est capital pour elle, comme pour beaucoup de femmes de cette génération dont les maris sont morts ou partis avec une fille qui a 30 ans de moins.

Avez-vous lu «50 nuances de Grey»?

Non, une copine me l’a prêté et j’ai lu uniquement les chapitres les plus hot pour comprendre l’engouement suscité par ce bouquin. Je vous avoue que j’ai lu bien plus excitant et plus chaud dans ma jeunesse (rires).

Quelle est la leçon du film?

Peu importe qu’on ait 50, 60, 70 ou 80 ans, la vie ne s’arrête pas tant qu’on a un cœur qui bat. J’ai connu des hauts et des bas, perdu des êtres chers, mais cela ne veut pas dire qu’on arrête de vivre. Je vois l’existence comme un perpétuel recommencement. Il ne faut pas avoir peur de faire de nouvelles rencontres.

Quel a été le challenge du tournage pour vous?

La rapidité du tournage car chacune a filmé la totalité de ses séquences en 15 jours pour limiter le budget. On nous a même demandé de porter nos propres habits dans le film. C’est vous dire si chacune de nous voulait vraiment participer à «Book Club»! J’ai vu le film quatre fois déjà et je n’ai aucun regret. C’est un régal qui va plaire aux gens de ma génération mais aussi aux plus jeunes. Ma fille Chloé (ndlr: née de son mariage avec Louis Malle) était impatiente de le voir avec ses copines.

Quelles sont vos relations avec votre fille?

Non seulement nous sommes copines, mais aussi voisines car nous vivons toutes deux à New York, près de Central Park. Elle a choisi l’écriture plutôt que la comédie et termine en ce moment un roman.

Votre série culte, «Murphy Brown», revient en septembre, près de 20 ans après son arrêt.

Oui, c’est une excellente surprise! Ce besoin de retrouver des choses du passé dénote une certaine nostalgie d’une époque où il n’y avait pas de smartphones, de réseaux sociaux, d’applications de rencontres ou de chaînes d’infos en continu qui vous abrutissent plus qu’elles ne vous informent. Je suis impatiente de retrouver le rôle de la journaliste télé, Murphy Brown. J’ai demandé à nos auteurs d’incorporer mon âge avancé dans le scénario. Je veux qu’elle souffre d’arthrose par exemple (rires).

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