Présidentielle française: Candidats accusés de se servir de la crise sociale

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Présidentielle françaiseCandidats accusés de se servir de la crise sociale

Le gouvernement français a accusé les candidats à la présidence d'instrumentaliser les protestations qui secouent la Guyane.

La tension monte progressivement dans les Dom/Tom.

La tension monte progressivement dans les Dom/Tom.

AFP

Le gouvernement a dénoncé dimanche soir «l'instrumentalisation à des fins électoralistes» de la «crise sociale» en Guyane par «certains candidats à l'élection présidentielle ou leur porte-parole». Il vise François Fillon et Marine Le Pen notamment.

«L'invective, l'outrance et l'approximation dont ils ont fait preuve contribuent à attiser les désordres qui perturbent la vie de nos concitoyens guyanais», ont déclaré dans un communiqué commun les ministres Matthias Fekl (Intérieur) et Ericka Bareigts (Outremer), alors que ce territoire ultramarin d'Amérique du sud vit toujours au ralenti à la veille d'un appel à la grève générale lancé par l'Union des travailleurs guyanais (UTG).

«Ces mêmes candidats, qui ne semblent découvrir les outre-mers qu'à l'occasion des campagnes électorales, portent des propositions dangereuses qu'il convient de rappeler comme la modification de la rémunération des fonctionnaires ou de la défiscalisation des aides à l'investissement», ont-ils souligné à l'issue d'une réunion dimanche soir à Matignon autour du Premier ministre Bernard Cazeneuve.

«Nous ne saurions tolérer l'instrumentalisation d'une crise sociale, ni à des fins de trouble à l'ordre public, ni à des fins électoralistes», dénoncent M. Fekl et Mme Bareigts.

Mission de hauts fonctionnaires

La mission interministérielle dépêchée samedi par le gouvernement en Guyane, mais que la plupart des grévistes, sur place, ne veulent pas rencontrer, «dispose d'un mandat de négociation» et «sera rapidement amenée à annoncer un certain nombre de mesures immédiates répondant à des revendications déjà identifiées».

Cette mission de hauts fonctionnaires connaissant bien la Guyane «entendra tous ceux qui, dans le cadre de l'Etat de droit et dans un esprit républicain, souhaitent, comme le gouvernement, trouver les meilleures réponses» pour les Guyanais, ajoutent les ministres. «Le gouvernement est pleinement à la tâche, mobilisé pour parvenir à l'amélioration rapide de la situation sur le terrain», affirment-ils encore.

A quatre semaines du premier tour de la présidentielle, les candidats et leurs équipes se sont saisis du conflit. «La violence jamais», mais les Guyanais ont «raison» de ne pas vouloir rencontrer la mission, a jugé François Baroin, soutien de François Fillon et ancien ministre de l'outre-mer, qui considère que le gouvernement les traite «par le mépris».

Marine Le Pen (FN) a dénoncé le «service cruellement minimum» des gouvernements successifs vis-à-vis de la Guyane, tandis que Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France) pointait «la démission de l'Etat».

«Cette situation est la conséquence de l'échec de la politique de François Hollande», a encore accusé François Fillon (LR).

(ats)

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