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PhotographieCannes, les images du smartphone

Durant le festival 2016, le photographe français Valéry Hache, l'un des envoyés de l'Agence France Presse (AFP), a lâché parfois son appareil pour saisir son téléphone.

par
Christophe Passer
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La magnifique actrice anglo-thaïlandaise Araya Hargate

La magnifique actrice anglo-thaïlandaise Araya Hargate

Valéry Hache
Des images qui racontent le glamour et la mélancolie.

Des images qui racontent le glamour et la mélancolie.

Valéry Hache
Woody Allen

Woody Allen

Valéry Hache

C'est lui, le 14 novembre dernier, au lendemain des attentats de Paris, qui a saisi l'une des images qui en demeureront symbole: celle de ce pianiste inconnu, venu en tirant un piano avec son vélo, jouer «Imagine» de John Lennon, devant le Bataclan. «J'aime beaucoup la street photography», explique cet envoyé de l'AFP au Festival de Cannes depuis une dizaine d'années.

Valéry Hache a 52 ans, habite à Nice et travaille ainsi principalement sur la Côte d'Azur, ou sur de grands événements sportifs, comme les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de football. «Je crois que le Rolleiflex, cet appareil mythique, c'est aujourd'hui le smartphone.»

Alors, entre les montées des marches, les photos call, les fêtes officielles, il pressent parfois une émotion autre, qui le fait bondir sur son téléphone: «A Cannes, j'ai commencé à faire ça depuis trois ans. En noir et blanc, avec l'application Hipstamatic, des images carrées, qui me viennent à tout moment, dans la mobilité: le smartphone est toujours dans ma poche, et surtout dans ma tête.»

Le résultat, c'est un autre Cannes, qui dépasse la fête et le rouge du tapis pour chercher du côté des ombres et des hésitations quelque chose de la mélancolie d'une fête. «On n'a finalement pas tellement accès aux stars, en dehors des moments où elles sont en représentation. Alors, quand quelque chose passe devant moi, je fais la photo. Je fais ça tout le temps, dans la rue, et pas seulement lors d'un événement comme le festival.»

En faisant se côtoyer dans ses photographies les géants et les sublimes avec le petit peuple du festival, venu pour admirer ou travailler, Valéry Hache raconte avec son smartphone une version à la fois plus glamour – la magie et l'élégance folle du noir et blanc – et peut-être plus vraie du festival. Et il démontre, au milieu des millions d'images faites à Cannes, tentant d'attraper le strass et le soleil du cinéma, qu'une image forte et belle, c'est d'abord et seulement le regard de celui qui la rêve, et attrape soudain son smartphone.

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