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Candidature BouteflikaCanon à eau utilisé contre des étudiants à Alger

Les Algériens attendent de savoir si leur président Abdelaziz Bouteflika, en séjour médical en Suisse, renoncera à briguer un 5e mandat. Son principal adversaire renonce.

Les étudiants dans les rues d'Alger.

La police algérienne a utilisé dimanche un canon à eau pour disperser des étudiants marchant vers le Conseil constitutionnel à Alger. C'est là que doit être enregistrée la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat dont ils refusent la perspective, selon des sources sécuritaires.

Les étudiants sont sortis par centaines à Alger et dans d'autres villes du pays dimanche, ultime jour pour le dépôt des candidatures à la présidentielle du 18 avril. Le métro d'Alger a été fermé en début d'après-midi de même que l'autoroute reliant l'aéroport au centre de la capitale, pour empêcher des étudiants de rejoindre le centre-ville, d'après des médias algériens. Dans le centre d'Alger, une centaine d'étudiants scandant des slogans anti-Bouteflika sont bloqués par la police qui les empêche de défiler.

Le camp présidentiel a annoncé que le dossier de candidature de M. Bouteflika, 82 ans, serait déposé au Conseil constitutionnel dimanche avant minuit. Le chef de l'Etat entend briguer un 5e mandat malgré la contestation que sa candidature suscite depuis 10 jours en Algérie, sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 1999.

Manifs aussi en France

Des milliers de manifestants, nés en France ou de l'autre côté de la Méditerranée, se sont rassemblés dimanche en France contre un 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika.

Plusieurs milliers à Paris, selon les organisateurs, un millier à Marseille, quelques centaines à Toulouse: pour beaucoup drapeau algérien à la main ou sur le dos, les membres de l'importante diaspora établie dans l'ancienne puissance coloniale de l'Algérie sont descendus dans la rue. Ils protestent contre la perspective du maintien à la tête du pays du président de 82 ans, au pouvoir depuis vingt ans et affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC.

Le principal adversaire de Bouteflika renonce

Ali Benflis, principal adversaire du président Abdelaziz Bouteflika lors des présidentielles de 2004 et 2014, ne se présentera pas au scrutin du 18 avril en Algérie.

L'Avant-garde des Libertés, parti de M. Benflis devrait publier incessamment un communiqué expliquant les raisons de sa décision. Ancien Premier ministre de Bouteflika entre 2000 et 2003 et ancien secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), ancien parti unique et formation du chef de l'Etat, M. Benflis a rompu avec ce dernier en refusant de soutenir son deuxième mandat.

Hospitalisé en Suisse

C'est dimanche à minuit qu'expire le délai légal pour déposer sa candidature à l'élection présidentielle du 18 avril. Le chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, qui a célébré samedi ses 82 ans, est hospitalisé en Suisse depuis sept jours, officiellement pour »des examens médicaux périodiques«.

Son retour en Algérie n'a toujours pas été annoncé. Aucune disposition légale ne semble cependant obliger un candidat à se présenter en personne au Conseil constitutionnel pour y déposer son dossier. Une fois les dossiers déposés, le Conseil constitutionnel statuera dans les dix jours sur leur validité.

(AFP)

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