Venezuela – Caracas exige des «excuses» de la part de Josep Borrell
Publié

VenezuelaCaracas exige des «excuses» de la part de Josep Borrell

Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’UE, a affirmé que la légitimité des élections régionales de novembre dépendrait du rapport de la mission d’observation de l’UE.

Caracas et l’UE s’étaient mis d’accord pour une mission d’observation des élections municipales et régionales du 21 novembre.

Caracas et l’UE s’étaient mis d’accord pour une mission d’observation des élections municipales et régionales du 21 novembre.

AFP

Le président du Conseil national électoral (CNE) vénézuélien a exigé dimanche des «excuses» de la part de Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, qui a affirmé vendredi que la légitimité des élections régionales de novembre dépendrait du rapport de la mission d’observation de l’UE.

«J’ai demandé à ce qu’on sollicite publiquement une explication. Non seulement une explication, mais des excuses au peuple vénézuélien», a affirmé Pedro Calzadilla, à la tête du CNE depuis le mois de mai et ministre sous les présidences de Hugo Chavez et Nicolás Maduro.

«Monsieur Borrell a non seulement dit que la mission venait soutenir un clan (fraction) politique (…) mais aussi que la légitimité des élections dépendrait du rapport qu’ils (Européens) réaliseraient», a ajouté le président du CNE lors d’une présentation à la presse de l’organisation des bureaux de vote.

Josep Borrell avait indiqué vendredi à des journalistes «si toute l’opposition y compris les partis de Juan Guaido (leader de l’opposition) se présente, je crois qu’il faut qu’on les accompagne, parce que c’est une meilleure garantie pour eux que nous supervisons le système». Répondant à une question sur la mission, Josep Borrell avait assuré: «Ce qui légitimera ou non (l’élection) sera le rapport de la mission, ce qu’ils (experts) diront après avoir été sur le terrain».

«Partialité politique»

«C’est une alarme. Aucun pays n’autoriserait la présence d’une mission électorale dont le chef, son leader, ses autorités affirment publiquement qu’ils viennent au Venezuela soutenir une partialité politique. Personne ne l’accepte», a insisté Pedro Calzadilla, rappelant que l’Union européenne avait signé un accord qui «régule la présence de la mission». «Toute chose qui met en péril les principes de cet accord m’oblige (…) à voir ce qui se passe. Rien n’est absolument définitif», a-t-il conclu.

Caracas et l’UE s’étaient mis d’accord pour une mission d’observation des élections municipales et régionales du 21 novembre. Le Venezuela s’était régulièrement montré réticent à accueillir des observateurs électoraux sur son sol et l’UE avait vainement sollicité la présence d’une mission pour les législatives de décembre 2020. Ce scrutin avait été boycotté par l’opposition et le pouvoir avait remporté une victoire écrasante. L’opposition avait aussi boycotté la présidentielle de 2018, remportée par Nicolás Maduro.

Le gouvernement chaviste du président Nicolás Maduro est engagé depuis août dans un dialogue avec l’opposition dirigée par Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays dont les États-Unis. Les principaux partis d’opposition ont rompu avec leur stratégie de boycott des dernières années (présidentielle 2018 et législatives 2020) pour notamment intégrer le CNE.

(AFP)

Votre opinion

2 commentaires