Football: Une formule à 12 équipes? «Caramba, encore raté»
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FootballUne formule à 12 équipes? «Caramba, encore raté»

La Swiss Football League a décidé de ne rien décider et se jouera encore à dix équipes en 2021-2022. Une autre occasion de manquée.

par
Sport-Center
Roger Assalé.

Roger Assalé.

Keystone

C’était l'un des matches les plus attendus de la saison et il s’est terminé sur un score nul, 10-10. Mais malgré ce résultat élevé, ce vote ressemble à une nouvelle occasion de ratée. Un geste bien connu des supporters présents dans les stades helvétiques. Ce sont donc les partisans d’un statu quo qui l’ont emporté, puisqu’il fallait une majorité des deux-tiers (14-6) pour que le championnat de Suisse passe en mode écossais, dans un an et quart. «Caramba, encore raté», comme dirait le méchant dans «L’Oreille cassée» de Tintin.

Le LS aurait vu d’un bon œil l’élargissement de l’élite.

Le LS aurait vu d’un bon œil l’élargissement de l’élite.

La votation sur la nouvelle formule, copiant ce qui se fait actuellement en «Scottish Premiership» – une division dont le niveau colle avec ce qu’on voit chez nous –, avait été repoussée au mois de mars, elle qui devait se faire au début de la crise du nouveau coronavirus. La future façon de désigner champion et relégué a fini par se décider à distance et au pire moment pour les partisans d’un changement. Au vu de la crise actuelle, modifier en profondeur un mode de championnat qui persiste depuis 2003 pouvait effrayer même le plus réformateur des clubs alémaniques.

Le nouveau championnat aurait regroupé douze équipes qui auraient disputé chacune 38 matches. Les clubs se seraient rencontrés trois fois, puis le championnat se serait divisé en deux au soir de la 33e journée. Les six meilleures équipes auraient alors joué le titre et les places européennes et se seraient affrontées une fois de plus dans ces «séries éliminatoires». Les six clubs du bas de tableau auraient quant à eux joué contre la relégation.

Bernard Challandes, à la tête du dernier champion ni Bernois ni Bâlois, en 2009.

Bernard Challandes, à la tête du dernier champion ni Bernois ni Bâlois, en 2009.

Trop alambiqué sans doute, trop proche de l’ancienne «Formule Rumo» (1987-2003) peut-être, pour des clubs professionnels qui ont bien d’autres choses auxquelles penser à l’heure actuelle. Mais à mon avis, il aurait mieux valu un mauvais deal que pas de deal du tout. Cela fait désormais plus de trois ans que la SFL se cherche une nouvelle formule et cela veut bien dire que quelque chose ne joue pas au royaume des Young Boys et du FC Bâle, champions sans discontinuer depuis dix ans.

La SFL était-elle vraiment prête à une évolution et désireuse de se réformer? On peut se poser la question, au vu de la façon de procéder. Elle a soumis au vote ferme une formule «par défaut» qui suscitait forcément la défiance, sans possibilité de tenter ou proposer autre chose. On sait bien que le Suisse n’aime pas foncer balle au pied dans l’inconnu.

TeleClub aura-t-il de la concurrence sur ce «dossier»?

TeleClub aura-t-il de la concurrence sur ce «dossier»?

La Ligue va donc pouvoir lancer sous peu son appel d’offres pour les droits télévisuels des saisons entre 2021 et 2024 sans avoir modifié son produit. Alors que le foot est à l’arrêt, est-ce un bon calcul? N’aurait-il pas fallu reporter le vote de jeudi, comme la mise sur le marché de ces droits TV, en attendant des jours meilleurs? Était-ce seulement légalement possible? Trop de questions pour une réponse finalement habituelle en Suisse: «Nein!»…

Dommage, parce que le football suisse devrait pouvoir s’offrir une élite à 12 ou 14 et ainsi créer un vrai championnat professionnel - sans paniquer parce que les droits TV vont être partagés avec deux ou quatre formations de plus - et oser s’avouer que sa Challenge League sous la forme actuelle n’est pas viable. Ce sera pour dans trois ans, peut-être.

Robin Carrel

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