Football: Caresses magiques avant le feu d'artifice

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FootballCaresses magiques avant le feu d'artifice

A quelques heures du coup d'envoi de la finale de la Ligue des champions, les artistes ont pris possession du terrain à Madrid.

par
Patrick Oberli
Madrid
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Dans le rond central, Jürgen Klopp ne manque rien de l'entraînement.

Dans le rond central, Jürgen Klopp ne manque rien de l'entraînement.

Keystone
Le Metropolinalo Stadium semble respirer un dernier coup avant d'exploser.

Le Metropolinalo Stadium semble respirer un dernier coup avant d'exploser.

Keystone
Jürgen Klopp donne ses instructions avant l'entraînement.

Jürgen Klopp donne ses instructions avant l'entraînement.

Keystone

Plus de 60 000 sièges vides, rouges et blancs. Le Metropolinalo Stadium semble respirer un dernier coup avant d'exploser. Les murmures des cameramen, prêts à capturer les dernières images d'avant-match, résonnent sous le toit du monstre. La camera araignée prend ses marques en longeant la ligne médiane. Rarement un stade ne ressemble autant à une cathédrale, juste avant le service religieux.

Ce soir, l'évêque s'appelle Jürgen Klopp et les enfants de chœur – si l'on peut dire -, Mané, Salah ou Van Dijk. Ils viennent répéter leurs gammes, humer le gazon, jauger sa vitesse. Vingt-quatre heures avant le coup d'envoi de la finale face à Tottenham Horspur, le dernier entraînement est un instant unique, magique, où le geste se fait sans pression. Rien d'exceptionnel. Et pourtant, tout y est extraordinaire. Parce que jamais, on ne voit les stars aussi relâchées.

Jürgen Klopp arbore sa traditionnelle casquette, sorte de mitre. C'est le seul membre du staff à se couvrir le chef. Après un petit discours, ponctué par des applaudissements, l'entraînement peut commencer. L'échauffement, mille fois répété, est une chorégraphie sans musique qui met en valeur les mécaniques physiques parfaites des joueurs. On n'admire jamais autant une Ferrari que lorsqu'elle passe au ralenti devant soi.

La moindre passe confine à la perfection

Les joueurs distribuent les caresses et les ballons en raffolent. Les stars ont le droit à l'erreur, pourtant ils n'en font presque pas. La moindre passe confine à la perfection. Chaque contrôle est une œuvre d'art. Les gestes sont fluides, les courses limpides, les feintes agrémentées d'un grand sourire. Bien que l'on soit à vingt-quatre heures du rendez-vous le plus important de la saison, cet instant rappelle que ces stars qui évolueront devant des milliards de téléspectateurs sont là pour le jeu, simplement parce qu'elles l'aiment, loin du foot business. D'ailleurs même les écrans qui bordent le stade n'osent pas encore vendre l'image des sponsors

Assister à cet entraînement est un privilège, celui de voir simultanément une vingtaine de prestidigitateurs téléguidant des sphères orangées. Mains dans les poches de son short, planté dans le rond central, l'évêque, immobile, mine de rien mais l'œil sur tout, ne manque aucun détail. À quoi pense-t-il? Aux dernières décisions qui vont tourner dans sa tête durant toute la soirée? Cela aussi, ce serait un sacré spectacle que de voyager quelques heures entre les neurones de son cerveau.

Les exercices s'enchaînent, indiquant au profane, bien plus encore qu'un match à enjeu, les années-lumière qui le séparent des célestes beautés du geste dont il ne peut que rêver. Un spectacle intimiste qui se vit dans le silence et en oubliant le temps.

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