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FESTIVALCaribana se paie Queens of the Stone Age

Les Américains à riffs désertiques seront à Crans-près-Céligny le 5 juin. Ca tombe bien, on a discuté avec le bassiste Michael Schuman juste avant que le groupe ne monte sur scène à Bâle le 6 novembre dernier.

par
Fred Valet

La bande à Josh Homme au Caribana en juin prochain? Peu importe que la nouvelle puisse paraître surprenante vu l'ADN plutôt pop du festival de Crans-près-Céligny : Queens of the Stone Age (QOTSA) revient. Le 6 novembre dernier, les Californiens investissaient la Halle St-Jakob de Bâle. Six ans après «Era Vulgaris», c'est «... Like Clockwork» qu'ils venaient étrenner sur scène. Un album magistral qui aurait pu ne pas sortir après le gros souci de santé de Josh Homme en 2010. Après une opération bénigne du genou, le génie aux tifs roux est décédé quelques secondes sur la table d'opération. «Oui, c'est une sorte de come-back je crois. Ce qu'à vécu Josh aurait pu faire mourir Queens of the Stone Age. Mais pas longtemps. Il a très vite voulu relancer la machine. Il était motivé comme jamais. Et c'est important, car Josh c'est le tronc du groupe. On est à son service, avec nos idées, nos qualités, hein, mais on est à son service», commente le bassiste Michael Schuman, qu'on a rencontré quelques minutes avant qu'il ne monte sur scène à Bâle.

Entre deux disques, Josh en a profité pour donner naissance à son 2e enfant. Pour le 6e enfant de QOTSA, le groupe a tenté d'imaginer son allure, avant de torcher la moindre note de musique. «Oui, on a essayé de dessiner cet album en discutant autour d'une table, comme des adultes (Rire). En se demandant ce qu'est QOTSA aujourd'hui. Ce que le groupe doit devenir. Mais tu sais très bien que ça ne fonctionne jamais comme ça!» Reste que cet album marque une rupture dans l'évolution de l'un des plus grands groupes de rock de la planète. Moins frontal, «... Like Clockwork» se veut plus taquin et encore plus malin que ce qu'on a pu avaler pendant dix-sept ans de riffs désertiques. «Pour transposer cet album sur scène, on a beaucoup travaillé. Nous ne voulions pas ignorer la subtilité mélodique sous prétexte qu'il faut envoyer la sauce en concert. Au début, ça a été difficile, mais aujourd'hui on est fier de pouvoir offrir une nouvelle facette du groupe», analyse Michael Schuman, excité comme un puce en loges, une capuche recouvrant la moitié de son visage. Un album beaucoup plus pop aussi. A l'instar du single «I Sat By The Ocean». La raison d'un succès sans précédent aux USA? «Peut-être, oui. C'est la première fois qu'on atteint la première place des ventes là-bas. En même temps, c'est une pop qui ne s'avale pas d'un coup. Il y aura toujours des épines ici et là. Des passages dissonants, des riffs bizarres.»

Sans jamais trahir l'ADN du groupe, les dix morceaux investissent des terrains jusqu'ici inconnus. De la ballade très seventies («... Like Clockwork») avec un Josh qui tutoie les cimes avec sa voix de tête, à l'errance noire et sensuelle de «The Vampyre Of Time And Memory», le piano s'en sort très bien parmi les cris des guitares. On vieillit les gars? «Ah, ah, oui, probablement. Mais dans le bon sens du terme je crois. On a compris que le groupe allait durer. Qu'on pouvait aussi faire totalement ce qu'on voulait pour autant que c'est sincère.» Et même quand la patte QOTSA se fait plus reconnaissable, comme dans le rugueux «My God Is The Sun», il est une qualité qui ne s'estompe jamais : la classe, l'élégance. Queens of the Stone Age fait partie de ces rares artilleurs à balancer des décibels habillées d'un costard. «C'est vrai qu'on est plutôt assez classes (Rire). Même si c'est important pour nous de faire un rock sexy, ce n'est jamais totalement voulu, prémédité. Mais on nous le dit souvent, oui!» Il y a deux semaines à Bâle, malgré un son un peu brouillon, QOTSA a démontré que ce sixième album avait les épaules pour rivaliser avec les précédents sur scène. Un choix idéal de morceaux et un début sur les chapeaux de roue avec quelques tubes indispensables. Prions pour que la setlist, évidemment plus ramassée en mode festival, ne perde pas de son intelligence une fois sous le soleil de Caribana le 5 juin prochain.

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