12.11.2020 à 15:52

La TchauxCarolus le précurseur perd ses fresques

Après une montgolfière, c’est un autre trompe-l’œil répertorié de l’artiste Carol «Carolus» Gertsch qui a disparu sur une façade.

von
Vincent Donzé
Carolus s’était inspiré en 1991 d’une affiche de l’Exposition universelle de 1900, en intégrant un personnage «à la Magritte».

Carolus s’était inspiré en 1991 d’une affiche de l’Exposition universelle de 1900, en intégrant un personnage «à la Magritte».

DR

En matière de trompe-l’œil, Carol «Carolus» Gertsch (68 ans) est un précurseur, actif à La Chaux-de-Fonds depuis 1986. Mais le temps passe et la mémoire s’efface: Carolus perd ses fresques au fil des rénovations. Après une montgolfière disparue il y a trois ans, c’est une reproduction picturale du Trocadéro qui a été effacée sur un mur de l’Hôtel de France, rue Daniel-Jeanrichard 46, près de la gare. Elle datait de 1991.

Ancien enseignant à l’École d’arts. Carol Gertsch a découvert ce crime de lèse-majesté via Facebook. Il s’est adressé à l’Office d’urbanisme. Sa préposée Anne-Véronique Robert a rétorqué que le bar du Trocadéro avait vécu et que le nouveau propriétaire genevois souhaitait donner une nouvelle identité au bâtiment.

Choix des teintes

Le choix des teintes des façades a été validé par l’Office de l’urbanisme, mais la question de la fresque n’a pas été évoquée. Carol Gertsch, lui, brandit la Loi fédérale sur le droit d’auteur, laquelle stipule que «le propriétaire doit permettre à l’auteur de reproduire l’exemplaire original d’une manière appropriée lorsque l’auteur ne peut le reprendre».

La façade de l’«Hôtel de France» est promise à une «nouvelle identité».

La façade de l’«Hôtel de France» est promise à une «nouvelle identité».

DR

Bien qu’il soit établi dans le Périgord (F), Carol Gertsch aurait aimé disposer du temps nécessaire pour reproduire «un document souvenir de qualité». Le fond de sa pensée, Carol Gertsch l’a exprimée via le média Arcinfo. «L’œuvre appartient à la rue. Je suis favorable à l’impermanence des choses, mais la moindre des politesses eut été de m’avertir».

«Vous deviez savoir»

Sur la fresque du Trocadéro, les passants tombaient nez à nez sur une reproduction de Fantômas, méchant masqué d’une trilogie signée André Hunebelle au cinéma.

Carolus s’adresse maintenant au Service d’urbanisme et de l’environnement, mais aussi au conseiller communal Théo Huguenin-Elie. «Vous deviez savoir». Sa peinture murale est répertoriée sur la liste officielle, un temps distribuée par l’Office du tourisme.

«Cette peinture faisait partie de la première vague de peintures murales et trompe-l’œil dans les années 1986-92 qui ont marqué les habitants», argumente Carolus, pour qui ses œuvres sont devenues «des repères dans la ville».

Petites oasis


Pourquoi les peintures murales ne sont-elles pas protégées? Vaste débat, auquel Carolus apporte sa pierre: «Ces grands tableaux sont des petites oasis de poésie, établissant un dialogue avec le passant» dans un espace public «de plus en plus envahi par la publicité par des images numériques imprimées», écrit-il.

À St-Imier (BE), sur la maison du collectif anarchiste «Espace noir», Carolus n’a rien à craindre.

À St-Imier (BE), sur la maison du collectif anarchiste «Espace noir», Carolus n’a rien à craindre.

Lematin.ch/Vincent Donzé

«Il va bientôt rester peu d’images peintes à la main, au pinceau…», déplore Carol Gertsch, qui voit dans ses grands tableaux la genèse du street art. L’artiste fait marcher la concurrence: «Même Le Locle veut éditer le 1er parcours du «Street art de Suisse»…».


Sa première peinture effacée a été «le chat et la souris». Puis c’était la montgolfière, remplacée par une autre fresque par un propriétaire conciliant. Sa conclusion? «Même si j’accepte l’impermanence des choses avec philosophie, je ne me résigne pas à l’irrespect», assène Carolus.

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6 commentaires
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Tony

12.11.2020 à 16:47

C’est celui de chez Carglouche? 😂

un non chaux de fonnier qui connait rien a lart

12.11.2020 à 16:16

cest qui carol carolus gertsch

monique

12.11.2020 à 16:09

Mais quel dommage ! Et complètement injustifié. Ces oeuvres, petits clins d'oeil drôles et beaux dans monde uniformément pareil tout partout sont un ravissement pour l'oei l et l'esprit. Et leur effacement est effectivement un manque flagrant de respect. Faut-il être bête !